LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Arachnophobie

L'espèce humaine a peur des araignées.

 

ARANEIDAE Argiope bruennichii 2 (argiope fasciée).JPG

 

L'arachnophobie est la phobie spécifique la plus répandue en Europe.

Dans ses formes "extrêmes", conditionnant des attaques de panique irraisonnées, elle pourrait atteindre 5% de la population de certains pays occidentaux.

 

phobie-araignees.jpg

(droits réservés)

 

On explique l'arachnophobie par l’aspect repoussant de l'animal, qui a fini par être associé au fait qu'il pourrait véhiculer des maladies...

On prend en compte aussi la transmission, de génération en génération, de la mémoire d'un temps où les araignées pouvaient représenter un réel danger pour l'homme...

Ce sont des explications finalement assez peu contributives.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui l'arachnophobie ne devrait plus être de mise.

Car avoir peur des araignées ne nous protège de rien.

Pourtant, nous continuons à cultiver cette peur.

 

arac_attack.jpg

(droits réservés)

 

La réalité, c'est que très peu d'araignées sont dangereuses en France.

La plupart de celles qui peuplent nos jardins ne nous piqueront jamais.

Le seul risque peut, éventuellement, être constitué par une morsure que l'on aurait négligé.

Qui, de fait, peut se surinfecter et générer, dans le pire des cas, une septicémie.

A condition, bien sûr, que l'on laisse évoluer les symptômes sans consulter de médecin.

En gros, autant de chance que d'être attaqué par une chauve-souris vampire dans une cage d'escalier.

 

En fait, il n'existe guère que quatre à cinq espèces d'araignées potentiellement dangereuses en France, sur un total d'environ 1600.

Seul le Sud-Est est concerné.

Les espèces "dangereuses" sont l'araignée violon, la veuve noire de Corse, la fausse veuve noire, la lycose de Narbonne (tarentule) et la fausse tarentule.

Une fausse tarentule, dans notre jardin, Hogna radiata (3):

 

LYCOSIDAE Hogna radiata 2 (2).JPG

 

Les piqures d'araignées sont extrêmement rares.

Seulement cinq à dix cas par an sont recensés par les centres anti-poison de la région PACA.

La seule présentant un risque réel est l'araignée violon.

Elle peut entrainer des nécroses locales, mais jamais la mort.

 

Le risque allergique existe aussi, mais, les piqures d'araignées restant exceptionnelles, il s'agit là d'un risque infinitésimal.

Une petite dizaine d'autres espèces que celles citées peuvent piquer, sans autre conséquence qu'une réaction inflammatoire locale.

Les araignées ne sont pas des insectes agressifs pour l'homme et ne piqueront que si elles se sentent en danger.

Dans la plupart des cas, elles infligent une piqure blanche (sans venin) car leur venin leur est trop précieux pour être gaspillé.

Aucune araignée n'est mortelle en France.

 

La grande majorité des espèces sont incapables de piquer un homme.

Car, entre autre, elles ne disposent pas de chélicères qui puissent traverser la peau humaine.

Ici, une pisaure admirable, avec trois paires d'yeux, quatre paires de pattes, et on devine une paire de chélicères.

Pisaura mirabilis (3):

 

PISAURIDAE Pisaura mirabilis 8 (3).JPG
 

Il arrive parfois que l'on soit piqué, la nuit, par un insecte qui n'est pas un moustique.

Il ne s'agit, en général, jamais d'une araignée.

Les araignées de maison sont essentiellement représentées par les tégénaires (assez grosses, velues, strictement inoffensives)

Il n'y en a pas dans notre habitat.

Et les pholques phalangides (beaucoup plus grêles, toujours inoffensifs).

Pholcus phalangioides (3):

 

spider_pholcus_phalangioides_19.8.2011.jpg

 

Les tégénaires vivent au sol.

Elles sont utiles, car elles bouffent les rampants, dont les blattes.

Les pholques vivent dans leur toile au plafond.

Ils sont utiles aussi, car ils bouffent les volants: mouches, moucherons, moustiques...

 

D'autres espèces moins fréquentes peuvent aussi se rencontrer dans les maisons (en tout cas, dans la nôtre).

Steatoda triangulosa (3):

 

THERIDIIDAE Steatoda triangulosa 2.JPG
 

Zoropsis spinimana (3):

 

ZOROPSIDAE Zoropsis spinimana 2.JPG

 

Mais elles ne présentent non plus aucun danger.

 

Dans les jardins, il existe un grand nombre d'araignées.

Heureusement d'ailleurs, car les arachnides étant des prédateurs, ils participent de la régulation des écosystèmes.

Sans elles, nous serions envahis par les mouches, guêpes, moucherons, etc.

Il existe un grand nombre d'araignées mais, en général, nous ne les voyons pas.

 

La seule araignée un peu "grosse" dans le jardin de Choui et Leia est l'argiope fasciée.

Elle peut atteindre environ 4 centimètres, longueur des pattes incluses.

Argiope bruennichii (3):

 

ARANEIDAE Argiope bruennichii 1 (argiope fasciée).JPG
 

Une autre araignée un peu "grosse" n'en est, en fait, pas une.

Il s'agit d'un faucheux (arachnide, famille des Opiliones).

Jusqu'à 3 ou 4 centimètres longueur des pattes incluse.

Mais, dans ce cas, le corps de l'animal n'excède guère 5 à 6 mm.

Phalangium opio (3):

 

OPILIONES PHALANGIIDAE Phalangium opilio 1.JPG
 

Ensuite, parmi les araignées les plus "remarquables", il y a la pisaure admirable, déjà citée, qui peut atteindre 3 centimètres, longueur des pattes incluse.

Pisaura mirabilis (3):

 

PISAURIDAE Pisaura mirabilis 5.JPG
 

Et c'est à peu près tout.

Les autres araignées du jardin sont très peu visibles.

Parce qu'elles sont très petites.

Toutes les espèces qui suivent font moins d'un centimètre, pattes non comprises.

Et, le plus souvent, sont inférieures au centimètre en incluant la longueur des pattes.

 

Bien sûr, certaines araignées faisant des toiles, on remarque au moins ces dernières.

En général, il s'agit d'espèces appartenant à la famille Araneidae.

Cependant, si elles comptent les espèces les plus connues, les aranéides ne sont toutefois pas les seules araignées à faire des toiles.

Une fois la toile repérée, on peut voir l'araignée en son centre, souvent immobile.

Agelena labyrinthica (3):

 

ARANEIDAE Agelena labyrinthica.JPG
 

Et, parfois, vraiment minuscule (deux mm).

Zilla diodia (3):

 

ARANEIDAE Zilla diodia 4.JPG

Pas vraiment de quoi se taper une frayeur.

Toutes les autres araignées du jardin, sauf si l'on est très attentif, ne se voient quasiment pas.

D'une part parce qu'elles ne font pas de toile.

D'autre part parce qu'elles sont (très) petites.

Dictyna uncinata (3):

 

DICTYNIDAE Dictyna uncinata 1.JPG
 

Ou (très) furtives.

Kishidaia conspicua (3):

 

GNAPHOSIDAE Kishidaia conspicua 2.JPG
 

Mais, en fait, elles sont souvent les deux: petites et furtives.

 

L'une des familles les plus importantes est représentée par les araignées-loup.

Elles sont très discrètes.

Se promènent au sol, en recherche de leurs proies.

Courent parfois assez vite.

Et n'excèdent jamais un centimètre hors tout.

Alopecosa albofasciata (3):

 

LYCOSIDAE Alopecosa albofasciata 2.JPG
 

Alopecosa pulverentula (2):

 

LYCOSIDAE Alopecosa pulverentula 1.JPG
 

Elles ont la particularité de parfois se promener avec un cocon renfermant leurs oeufs.

Pardosa amentata (3):

 

LYCOSIDAE Pardosa amentata  5.JPG
 

Une autre famille est représentée par les Salticidae.

Comme son nom latin l'indique, il s'agit là d'araignées sauteuses.

De fait, des araignées qui sautent, ne serait-on pas en droit de s’inquiéter?

En réalité, les plus grandes des araignées sauteuses ne dépassent pas non plus le centimètre.

Leurs "bonds" peuvent atteindre dix centimètres, et sont souvent fatals pour leurs proies.

Menemerus taeniatus (3):

 

SALTICIDAE Menemerus taeniatus 4.JPG
 

Ici, la victime est une mouche des étables (Stomoxys calcitrans).

Les chélicères des Salticidae sont cependant beaucoup trop petits pour que ces araignées puissent piquer un mammifère.

Heliophanus apiatus (3):

 

SALTICIDAE Heliophanus apiatus 6 (2).JPG
 

Certaines araignées sauteuses sont assez caractéristiques, et faciles à identifier.

Heliophanus melinus (3):

 

SALTICIDAE Heliophanus melinus 2.JPG
 

D'autres beaucoup moins.

Macaroeris nidicolens (1):

 

SALTICIDAE Macaroeris nidicolens 1.JPG
 

Toutes les araignées sauteuses disposent de trois paires d'yeux.

Leurs yeux sont disposés différemment, toutefois, de ceux des Pisauridae.

Icius subinermis (2):

 

SALTICIDAE Icius subinermis 1.JPG
 

Les araignées crabes sont d'autres araignées chasseresses qui ne font pas de toile.

En général, elles rodent en surface des fleurs ou des feuilles.

Synema globosum (3):

 

THOMISIDAE Synema globosum 7.JPG
 

Xysticus lanio (3):

 

THOMISIDAE Xysticus lanio.JPG

 

Philodromus dispar (2):

 

PHILODROMIDAE Philodromus dispar.JPG
 

Certaines araignées de la famille des Salticidae et des Lycosidae sont difficiles à déterminer.

En ce qui concerne les Oxyopidae, la distinction est impossible entre certaines espèces.

Sauf à disséquer leurs parties génitales.

Ce qui n'est pas, et ne sera jamais, de notre ressort.

Dans ces cas, nous faisons appel à notre mauvaise foi.

Oxyopes heterophtalmus (1):

 

OXYOPIDAE Oxyopes heterophtalmus.JPG
 

Oxyopes lineatus (1):

 

 OXYOPIDAE Oxyopes lineatus.JPG

 

Depuis l'an dernier, nous avons donc aperçu une petite quinzaine d'espèces supplémentaires d'araignées dans notre jardin.

Encore une fois, sans chercher à les traquer.

Nous n'avons ni le temps, ni les compétences, ni la patience pour cela.

Nous reviendrons sans doute un jour vers les araignées.

Mais nous sommes contents d'en avoir fini pour l'instant avec elles.

Car, à force de leur tourner autour, nous sentons que la peur ancestrale qu'elles inspirent remonte en nous.

 

etoilemysterieuse5.jpg

(droits réservés)

 

Et nous aimerions dorénavant, si possible, dormir en paix.

Il n'y a décidément rien à faire, nous ne sommes pas complétement guéris de l'arachnophobie.

 

etoilemysterieuse1.jpg

(droits réservés)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



24/06/2017
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