LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Des abeilles sauvages en particulier

en 2016, nous avions publié notre premier article sur les hyménoptères intitulé "Des abeilles en général".

Aujourd'hui nous restons des entomologistes débutants.

Mais nous avons un tout petit peu progressé.

De fait, nous n'écririons plus cet article de la même manière, car il présente un trop grand nombre d'approximations.

Ainsi que quelques (grosses) erreurs d'identification.

 

Parmi ces erreurs, l'une des plus grossières concerne les abeilles charpentières.

Nous considérions que celles-ci appartenaient au genre Xylocopa, ce qui est juste.

Nous ignorions encore que l'espèce "violacea" n'était pas la seule concernée par ce genre.

Il suffisait pourtant d'un peu se renseigner...

 

Pour les mâles de l'espèce "violacea", il n'y a pas de doute possible.

Ils disposent d'un anneau caractéristique sur les segments 11 et 12 des antennes.

Xylocopa violacea (3) (abeille charpentière):

 

APIDAE Xylocopa violacea 1 (abeille charpentière).JPG

 

Mais, à côté de Xylocopa violacea existent deux autres espèces, assez répandues.

Elles nous avaient complètement échappé dans un premier temps.

Xylocopa iris (2):

 

APIDAE Xylocopa iris.JPG

 

Xylocopa valga (2):

 

APIDAE Xylocopa valga 1.JPG

 

Les éléments de détermination concernant ces insectes sont accessibles dans l'incontournable site "Le monde des insectes".

 

De plus, le fait de nous pencher d'un peu plus près sur la sous-famille des xylocopinae, nous a fait rencontrer le genre Ceratina.

Il s'agit là d'abeilles xylocopes de (très) petite taille.

Bien moins impressionnantes que celles du genre Xylocopa, qui dépassent souvent les trois centimètres.

La découverte du genre Ceratina nous a permis d'identifier certains spécimens égarés depuis longtemps dans nos fichiers "indéterminés".

Ceratina sp. (1):

 

APIDAE Ceratina sp. 2.JPG

 

Parfois, nous avons même tenté l'espèce, mais avec une once de mauvaise foi.

Ceratina cucurbitina (1):

 

APIDAE Ceratina cucurbitina.JPG

 

Cela est, d'un certain point de vue, encourageant.

Mais il ne faut pas se laisser griser.

Il est extrêmement compliqué pour un débutant de distinguer le genre Ceratina de certains Hylaeus, voire de certains Lasioglossum.

Aucun des trois n'appartient pourtant à la même famille.

La seule chose qui les unit est qu'elles sont toutes les trois des abeilles "solitaires", ou "sauvages" si l'on veut.

 

Aucun de nos articles sur les hyménoptères n'avait abordé les abeilles solitaires.

Pour une raison simple, rien n'est plus difficile à déterminer.

A l'exception peut-être des mouches "vraies".

Nous nous lançons, mais à tâtons.

 

Dans certains cas, la localisation de la récolte de pollen sur le corps de l'insecte est un indice précieux, orientant vers certaines familles.

Chez les andrènes, par exemple, le pollen est récolté sur les "hanches" et les côtés de l'abdomen.

Andrena humilis (1):

 

ANDRENIDAE Andrena humilis 3.JPG

 

Chez les xylocopes, la récolte de pollen se fait sur les "jambes".

Ceratina sp. (3):

 

APIDAE Ceratina sp. 1.JPG

 

Chez les mégachiles sur le ventre, grâce à une brosse ventrale.

Megachile albisecta (2):

 

MEGACHILIDAE Megachile albisecta 2.JPG
 

Mais ceci n'est qu'un indice.

Cela ne suffit pas, loin s'en faut, à se repérer efficacement.

Ce d'autant que beaucoup spécimens ont pu être photographiés avant la récolte.

 

Dans nombre de cas, heureusement, certaines caractéristiques morphologiques évidentes permettent l'identification.

Hoplitis andrenoides (3):

 

MEGACHILIDAE Hoplites andrenoides 1.JPG
 

Rhodanthidium sticticum (3):

 

MEGACHILIDAE Rhodanthidium sticticum.JPG
 

Sphecodes albilabris (2) (sphécode à labre blanc):

 

HALICTIDAE Sphecodes albilabris.JPG

 

Mais cela n'est pas la règle.

La plupart du temps, les espèces se ressemblent entre elles.

Et, parfois, il est même difficile de déterminer le genre.

 

Un élément important permet de s'orienter.

Il s'agit de la nervation alaire, en particulier du nombre de cellules submarginales.

 

Submarginales.jpg
(droits réservés)

 

Trois cellules submarginales pour celles qui suivent.

Amegilla sp. (3):

 

APIDAE Amegilla sp. 1.JPG

 

Nomada succincta (3):

 

APIDAE Nomada succincta 3.JPG

 

Contre deux cellules submarginales pour ces deux autres.

Osmia rufa (2) (osmie rousse):

 

MEGACHILIDAE Osmia rufa.JPG

 

Eucera sp. (2):

 

APIDAE Eucera sp. 1.JPG

 

Encore faut-il que la photo montre suffisamment bien les ailes.

Et, même dans ce cas, il ne s'agit encore que d'un indice.

 

indice.jpg

(droits réservés)

 

Donc, globalement, il est pratiquement impossible de déterminer les abeilles sauvages à partir de simples photos.

 

Dans le blog, nous avons généralisé le code suivant en fonction de la fiabilité de nos déterminations:

(0): identification peu probable.

(1): identification probable.

(2): identification très probable.

(3): identification certaine

 

Jusqu'à présent, nous avons évité le code (1).

Et le code (0) n'est quasiment jamais apparu dans nos articles.

Les insectes qui méritent ce code restent dans nos fichiers "indéterminés".

Cette fois, nous allons faire une exception, sinon nous ne saurions pas quoi montrer...

 

_yartiGotlib05.JPG

(droits réservés)

 

Les abeilles sauvages jouent un rôle extrêmement important dans la pollinisation.

On admet que, à elles seules, elles assurent environ 50% de la pollinisation des cultures.

Et probablement une part encore plus grande de celle des plantes sauvages.

Ce sont des abeilles généralement "non sociables".

Elles sont réparties dans six familles.

 

La famille des Apidae, qui compte aussi en son sein les abeilles domestiques et les bourdons, regroupe certaines abeilles solitaires.

Les xylocopes déjà cités.

Xylocopa violacea (3) (abeille charpentière):

 

APIDAE Xylocopa violacea 2 (abeille charpentière).JPG
 

Les nomadines.

Nomada succincta (3):

 

APIDAE Nomada succincta 4.JPG
 

Et les apines.

Anthophora plumipes (1):

 

APIDAE Anthophora plumipes 1.JPG

 

Eucera longicornis (2):

 

APIDAE Eucera longicornis 2.JPG

 

Les Colletidae représentent la famille la plus "primitive" des abeilles solitaires.

Cette famille compte deux genres: les Colletes, abeilles assez petites, un peu "trapues", revêtues de poils courts et denses...

Colletes cunicularius (1):

 

COLLETIDAE Colletes cunicularius.JPG

 

Colletes daviesanus (2):

 

COLLETIDAE Colletes daviesanus 2.JPG

 

Le second genre est Hylaeus.

Ce sont des abeilles peu velues, dont le corps est noir et arbore toujours quelques dessins, blancs à jaune-clair.

Il est assez facile de reconnaitre un Hylaeus, mais très difficile de déterminer quelle en est l'espèce.

Hylaeus sp. (3):

 

COLLETIDAE Hylaeus sp. 2.JPG
 

Une autre famille d'abeilles "solitaires" est constituée par la famille des Halictidae.

Les halictes présentent une particularité: chez elles, on observe ce qui correspond à un début de sociabilité.

Elles ne sont donc pas si "solitaires" que cela.

Lasioglossum albocinctum (1):

 

HALICTIDAE Lasioglossum albocinctum.JPG

 

Halictus scabiosae (2) (halicte de la scabieuse):

 

HALICTIDAE Halictus scabiosae 1.JPG

 

La famille des Megachilidae présente deux genres principaux d'abeilles sauvages: les mégachiles proprement dites et les osmies.

Les mégachiles sont des abeilles coupeuses de feuilles.

On voit leurs "traces" sous notre tonnelle.

 

IMGP7150.JPG

 

Elles ne mangent pas les feuilles.

Elles les utilisent pour construire leurs nids.

Leur travail est étonnant de précision.

 

IMGP7152.JPG

 

Les mégachiles se reconnaissent lorsqu'elles butinent à leur allure "cambrée".

Megachile pilidens (1):

 

MEGACHILIDAE Megachile pilidens.JPG
 

Et au fait qu'elles disposent de deux cellules submarginales sur leurs ailles.

mais, très franchement, un débutant est dans l'impossibilité de faire la différence entre celle-ci.

Megachile albisecta (0):

 

MEGACHILIDAE Megachile albisecta 1.JPG

 

Ou celle-là, car il pourrait tout aussi bien s'agir de Osmia coerulescens (0):

 

MEGACHILIDAE Osmia caerulescens 2.JPG 

 

Lorsqu'elles sont posées au sol, on reconnait les mégachiles aux reflets de leurs yeux et à leur clypeus "poilu", qui arbore quelque chose qui ressemble à une "moustache".

Le clypeus est la partie inférieure du "visage" des abeilles, situé juste au dessus du labre.

Megachile ericetorum (0):

 

MEGACHILIDAE Megachile ericetorum.JPG
 

En fait, ces mégachiles sont impossibles à déterminer sur ce type de photos.

Nous devrions nous contenter, dans tous ces cas, de laisser l'espèce en suspens.

Megachile sp. (3):

 

MEGACHILIDAE Megachile sp. 4.JPG

 

C'est frustrant, mais c'est comme çà.

 

Il existe d'autres genres de mégachiles, Osmia, Heriades...

Lorsqu'il "tanque" complètement, l'entomologiste chevronné fait appel à "l'habitus".

C'est-à-dire l'allure générale, l'impression première, le flair...

Lorsque l'entomologiste est débutant, il a aussi le droit d'utiliser "l'habitus".

A une seule réserve près, celle qu'un entomologiste chevronné ne tombe pas sur son blog.

Sinon l'entomologiste débutant passe pour un con.

Osmia aurulenta (1):

 

MEGACHILIDAE Osmia aurulenta 3.JPG
 

Heriades sp. (1):

 

MEGACHILIDAE Heriades sp..JPG
 

Rhodanthidium septemdentatum (2) (anthidie à sept dents):

 

MEGACHILIDAE Rhodanthidium septemdentatum 2 (anthidie).JPG 

 

Il existe environ 80 espèces de mégachiles en France.

Nous n'en sommes donc qu'au début et nous allons encore trébucher souvent avant de parvenir à les identifier.

 

Gaston-115-GA.jpg

(droits réservés)

 

Les Andrenidae représentent la cinquième famille d'abeilles solitaires.

On les nomme aussi "abeilles de terre", parce qu'elles nichent dans la terre.

Ce sont peut-être celles qui posent le plus de problèmes à l'amateur.

Nous rencontrons obligatoirement des andrènes dans nos jardins.

Les reconnaitre en tant que telles n'est déjà pas très aisé.

Distinguer les espèces entre elles devient un vrai casse-tête chinois.

Andrena flavipes (1) (andrène à pattes jaunes):

 

ANDRENIDAE Andrena flavipes 1.JPG
 

En fait, les andrènes, à quelques exceptions près, sont inaccessibles au débutant.

Andrena labiata (2) (andrène à ceinture rouge):

 

ANDRENIDAE andrena labiata 1.JPG

 

Une autre photo traina longtemps dans nos fichiers d'indéterminés jusqu'à ce que:

 

blocperso-gaston-190x274.png

 

Après recherches, nous avons penché pour Pagurnus dentipes (très petite) (0):

 

ANDRENIDAE Pagurnus dentipes.JPG

 

Mais, dans ce cas, nous ne saurions sérieusement défendre nos arguments.

 

Enfin, la dernière famille, probablement la moins connue, est celle des mellitides.

Un coup de bol, nous avons "choppé" un spécimen qui semble bien en faire partie.

Dasypoda altercator (1):

 

MELITTIDAE Dasypoda altercator 2.JPG

 

Vous l'avez compris, tout cela n'est pas très sérieux.

Dans le sens où n'importe quel entomologiste confirmé qui viendrait s'égarer sur ce blog s'effondrerait de rire...

Ou, pire, nous signalerait son mépris...

Encore que beaucoup d’entomologistes chevronnés sont des êtres débonnaires et tolérants.

Notre but est d'intéresser à la vie sauvage ceux qui n'y connaissent rien.

C'est-à-dire à peine moins que nous.

Et faire partager l'évolution de nos connaissances, qui étaient réduites à zéro il n'y a pas si longtemps.

 

Voici ce que devrait être une détermination sérieuse.

Il y a quelques mois, nous avions rangé l'insecte suivant dans nos fichiers sous le nom "Osmia sp.".

Et oui....

Nous avons ressorti de nos fichiers l'insecte en question.

 

Atout de la photo concernée (essentiel), on voit la nervation alaire.

Sur celle-ci, on aperçoit trois cellules submarginales.

 

y (2).JPG

 

De fait, il ne peut PAS s'agir d'une osmie.

La sous-famille concernée peut être celle des Collétines, des Andrénines, des Halictines, des Nomadines...

Mais PAS celle des Mégachilines, qui compte en son sein  les osmies.

 

La nervure basale est carrément courbée.

 

y (2).JPG

 

Il s'agit donc d'un spécimen de la sous-famille des Halictines.

L'habitus nous oriente vers le genre Lasioglossum.

Et nous pouvons aller même jusqu'au sous-genre Lasioglossum.

Car les deux nervures transverses de la deuxième submarginale sont équivalentes.

 

y (2).JPG
 

Nous pouvons donc conclure à coup sûr Lasioglossum (Lasioglossum) sp.:

 

HALICTIDAE Lasioglossum albocinctum 3.JPG

 

Ce qui nous donne:

Ordre: Hymenoptera

Famille: Halictidae

Tribu: Halictini

Genre: Lasioglossum

Sous-genre: Lasioglossum

Espèce: indéterminée

 

Voilà du travail sérieux!

Autant dire que l'on ne parvient à se livrer à ce genre d'exercice tous les jours.

Il faut la bonne photo.

La patience.

Trouver des pistes.

Chercher des liens.

Tout cela pour aboutir à: espèce indéterminée!

 

Mais, comme nous ne sommes pas (trop) sérieux, et que nous disposons de notre mauvaise foi (mais guère), nous nous affranchissons de l'obstacle:

Lasioglossum albocinctum (2):

 

HALICTIDAE Lasioglossum albocinctum 2.JPG

 

Ce qui est certain, en tout cas, c'est que nous allons laisser de côté pour un temps les abeilles sauvages.

Car nous commençons à avoir la "casquette".

Il reste quelques espèces dans nos dossiers "indéterminés".

Peut-être, dans un futur proche, serons-nous devenus plus expérimentés.

En attendant (bis repetita):

 

lucky-luke-fin.png

(droits réservés)

 

 

 

 

 

 

 

 


 



15/06/2017
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