LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Le cauchemar de l'entomologiste débutant

L'ordre des orthoptères, bien qu'en général nous ne connaissons pas ce nom, est pourtant l'un des ordres d'insectes qui nous sont les plus familiers.

Il est, en effet, composé de deux sous-ordres:

-Les ensifères, qui sont les sauterelles et les grillons.

Ils ont des antennes fines et très longues. Souvent plus longues que leur corps:

 

TETTIGONIIDAE Platycleis sp. (decticelle larve femelle) (3).JPG

 

-Les caelifères, qui sont les criquets, et dont les antennes sont beaucoup plus courtes:

 

 ACRIDIDAE Aiolopus puissanti 3 (aïolope élancée  mâle) (2).JPG

 

Jusque là, tout est simple.

Les sauterelles, les criquets, les grillons, nous les connaissons bien.

Le nombre des espèces présentes en France tourne autour de 260.

Ce qui est parfait. Nous sommes très éloignés des 10000 espèces de coléoptères. A priori, nous devrions nous en sortir.

Ce d'autant qu'il existe un très bon bouquin, le "cahier d'identification des orthoptères de France", qui les concerne exclusivement:

 

cahier-d-identification-des-orthoptères-de-france-belgique-luxembourg-et-suisse-cd-audio-.jpg

(droits réservés)

 

Par ailleurs, les orthoptères, nous les rencontrons souvent.

N'importe qui, se promenant en colline, les voit décoller devant ses pieds.

Il ne sont pas très petits, donc se prêtent mieux à la macrophotographie que bien d'autres insectes.

Un espace de rêve pour l'entomologiste débutant!

 

En fait, un véritable calvaire.

Nous allons voir pourquoi.

 

Tout d'abord, si les criquets se remarquent (ils sont souvent au sol, et décollent à notre approche pour se poser un peu plus loin), ce n'est pas le cas des sauterelles et des grillons, qui sont beaucoup plus discrets.

 

Certes, nous finirons toujours par tomber, un jour ou l'autre, sur la sauterelle la plus connue, la grande sauterelle verte.

Tettigonia viridissima:

 

 TETTIGONIIDAE Tettigonia viridissima 2 (grande sauterelle verte).JPG

 

Bien sûr, si l'on est attentif, nous en verrons d'autres, cachées dans la végétation, dont certaines bien reconnaissables.

Tylopsis lilifolia:

 

 PHANEROPTERIDAE Tylopsis lilifolia 2 (phanéroptère liliacé).JPG

 

D'autres moins.

Phaneroptera nana:

 

 PHANEROPTERIDAE Phaneroptera nana (phanéroptère méridional).JPG

 

Mais ce n'est tout de même pas bézef!

Et c'est à peu près tout ce que nous avons vu dans le jardin pour cette année.

Heureusement, certaines espèces s'invitent chez nous et pénètrent dans les maisons.

Decticus albifrons, sur le lit:

 

 TETTIGONIIDAE Decticus albifrons (dectique à front blanc).JPG

 

C'est super sympathique de leur part, car sinon nous n'aurions pas grand chose à montrer.

Eupholidoptera chabrieri, dans la cuisine:

 

 TETTIGONIIDAE Eupholidoptera chabrieri (pholidoptère splendide).JPG

 

Celui-ci, nous l'avons déposé sur un pélargonium de la terrasse, mais il s'était invité au départ dans le salon.

Pholidoptera femorata:

 

 TETTIGONIIDAE Pholidoptera femorata 1 (pholidoptère précoce).JPG

 

Et voilà tout pour les sauterelles.

Si l'on excepte cette forme larvaire de decticelle.

Platycleis sp.:

 

 TETTIGONIIDAE Platycleis sp. (decticelle larve femelle).JPG

 

Car non seulement on ne les voit pas souvent.

Mais de plus les formes larvaires des sauterelles sont très difficiles à identifier, alors qu'elles présentent souvent une taille conséquente.

Ce qui fait qu'un débutant va les prendre pour des spécimens adultes.

Ceci par exemple, est une larve de grande sauterelle verte, qui resta longtemps dans nos fichiers d'insectes non identifiés.

Tettigonia viridissima:

 

 TETTIGONIIDAE Tettigonia viridissima 3.JPG

 

Pour les grillons, c'est encore pire.

Ils sont d'une discrétion absolue.

Nous ne sommes jamais tombés sur eux que par hasard.

Gryllus campestris:

 

 GRYLLIDAE Gryllus campestris (grillon champêtre).JPG

 

Gryllomorpha uclensis, égaré sur une bâche:

 

 GRYLLIDAE Gryllomorpha uclensis (grillon des jas).JPG

 

Enfin, ce très curieux grillon des cistes.

Arachnocephalus vestitus:

 

 MOGOPLISTIDAE Arachnocephalus vestitus (grillon des cistes).JPG

 

En fait, les grillons se signalent à nous essentiellement par leurs chants nocturnes.

Il y a là, évidemment, une piste, mais que nous n'avons pas cherché à développer.

 

Heureusement, il existe les criquets.

Là, c'est sûr, nous allions avoir de quoi faire.

Sans doute, mais...

 

La plupart des criquets appartiennent à la famille des Acrididae.

Nous avons souvent rencontré l'aïolope élancé.

Il fut à la source de nos premières confusions.

Tout d'abord, mais cela est souvent les cas chez les insectes, il présente un dysmorphisme sexuel.

Aiolopus puissanti mâle:

 

 ACRIDIDAE Aiolopus puissanti 5 (aïolope élancée mâle).JPG

 

Aiolopus puissanti femelle:

 

ACRIDIDAE Aiolopus puissanti 2 (aïolope élancée femelle).JPG
 

Contrairement à beaucoup d'espèces animales, dans ce cas, c'est la femelle qui est plus joliment colorée.

Aiolopus puissanti couple:

 

 ACRIDIDAE Aiolopus puissanti 7 (aïolope élancée couple).JPG

 

Le dysmorphisme existe aussi entre individus du même sexe.

Aiolopus puissanti femelle, vert pâle:

 

 ACRIDIDAE Aiolopus puissanti 6 (aïolope élancée femelle).JPG

 

Plus tard dans la saison, nous avons surtout rencontré des aïolopes automnales.

Qui se distinguent essentiellement des précédentes grâce aux deux taches claires présentes sur les élytres.

Dans leur cas, évidemment, nous rencontrons la même problématique du dysmorphisme sexuel.

Aiolopus strepens:

 

 ACRIDIDAE Aiolopus strepens 3 (aïolope automnale).JPG

 

ACRIDIDAE Aiolopus strepens 4 (aïolope automnale).JPG

 

Les criquets sont souvent assez petits, et difficiles à caractériser pour le débutant, même les espèces les plus banales.

Euchorthippus elegantus:

 

 ACRIDIDAE Euchorthippus elegantus 2 (criquet blafard).JPG

 

Il nous fut donné en une seule occasion d'en rencontrer un gros, très bruyant dans son vol (heureusement, il s'est posé, mais pas longtemps).

Locusta cinerascens:

 

 ACRIDIDAE Locusta cinerascens.JPG

 

Certains, en décollant sous nos pieds, nous permettent d'apercevoir fugacement leurs ailes bleues.

Oedipoda caerulescens:

 

 ACRIDIDAE Oedipoda caerulescens 3.JPG

 

Beaucoup posent des problèmes d'identifications, ainsi le criquet marginé, confondu dans un premier temps avec le criquet blafard.

Chorthippus albomarginatus:

 

 ACRIDIDAE Chorthippus albomarginatus 1 (criquet marginé).JPG

Un grand nombre nous laissent encore dans l'expectative:

Calliptamus sp.?:

 

 ACRIDIDAE Calliptamus sp..JPG

 

XXX:

 

XXX 4.JPG

 

Avec, bien sûr, l'éternel problème des formes larvaires indéterminables, à moins d'être un spécialiste confirmé (cf. l'article "détermination des insectes").

Larve de Callipteminae sp.?:

 

CALLIPTEMINAE Callipteminae sp. (caloptène larve).JPG

 

XXX:

 

XXX 5.JPG

 

Au total, les orthoptères sont un vrai casse-tête chinois pour l'entomologiste débutant.

En fait, il faudrait, pour progresser dans ce domaine, se concentrer sur eux, et surtout apprendre à différencier leurs chants respectifs.

Cela sera peut-être une prochaine étape.

Mais il faudrait pour cela être retraité.

En attendant, nous continuons à les photographier lorsqu'ils se présentent.

Ils nous offrent l'opportunité de photos curieuses.

Larve d'Oedipoda sp., qui ressemble à un extra-terrestre  de "Men in black":

 

ACRIDIDAE Oedipoda sp. (larve).JPG

 

Ou l'occasion de certaines photos très belles, du moins de notre point de vue.

Chorthippus albomarginatus encore:

 

ACRIDIDAE Chorthippus albomarginatus 2 (criquet marginé).JPG

 

Le vrai problème avec les orthoptères, c'est qu'ils encombrent nos fichiers d'espèces indéterminées.

Souvent.

Et cela risque de durer encore longtemps.

Mais, après tout, nous ne sommes pas vraiment pressés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



01/11/2016
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