LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Le retour des mouches

Printemps: le jardin, depuis quelques semaines, frémit du renouveau de la vie.

Les insectes sont réapparus en masse, et nous avons recommencé à les traquer.

L'an dernier, nous avions conclus notre première saison entomologique avec les mouches.

Cette année nous commençons notre nouvelle saison avec les mouches.

Calliphora sp.(3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 4.JPG

 

L'une des dernières espèces de mouches que nous avions rencontrée dans le jardin avant l'hiver avait été un syrphe.

La photo a été prise en novembre.

Eristalis pertinax (2):

 

SYRPHIDAE Eristalis pertinax 1.JPG

 

Notre première campagne de photos avait été débutée vers le mois d'avril.

Mais, trop occupés par les libellules et les papillons, nous avions négligé les mouches jusqu'au mois de juin.

Nous nous étions promis de prêter plus d'attention aux mouches dans le futur.

Cette année, notre première rencontre fut aussi avec un syrphe.

Ceci dès le mois de février.

Et ce fut, encore une fois, une espèce nouvelle pour nous.

Meliscaeva auricollis (3):

 

SYRPHIDAE Meliscaeva auricollis 1.JPG

 

Puis nous avons rencontré plusieurs fois un autre syrphe, assez commun, mais particulièrement beau.

Episyrphus balteatus (3):

 

 SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 5.JPG

 

Ces premières rencontres, nous les devons à notre mimosa, qui finit sa floraison début mars.

Cette année, nous possédons un matériel photographique un peu plus compétitif.

De fait, nous profitons de l'éclosion d'Episyrphus balteatus qui nous permet de réaliser quelques photos jusque là inaccessibles.

 

 SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 3.JPG

 

A côté des syrphes, de nombreux diptères sont visibles en ce début de printemps.

Ceux que nous rencontrés en premier appartiennent à la famille des Muscidae (mouches vraies).

Plus quelques Sarcophagidae et Calliphoridae.

 

Les Muscidae représentent la famille de diptères la plus connue et l'une des plus nombreuses (nous y associons les Fanniidae).

C'est au sein de cette famille que l'on rencontre la mouche domestique, la mouche d'automne, la petite mouche domestique, la mouche des étables...

Ce devrait donc être l'une des familles les plus faciles pour l'entomologiste amateur.

C'est loin d'être le cas.

En fait, les Muscidae sont un casse-tête chinois.

Nous avons lu quelque part, dans l'excellent forum "le monde des insectes", qu'un diptère gris qui ressemble à une mouche a toutes les chances d'appartenir à la famille des Muscidae.

C'est le cas.

Mais cela ne nous amène pas très loin.

Certaines espèces, certes, sont faciles à déterminer.

Stomoxys calcitrans (3) (mouche des étables):

 

MUSCIDAE Stomoxys calcitrans 3.JPG

 

Mais la plupart des autres sont plus difficiles.

Coenosia tigrina (2):

 

MUSCIDAE Coenosia tigrina.JPG

 

Dans bon nombre de cas, on trouve le genre mais pas l'espèce.

Hebecnema sp. (3):

 

MUSCIDAE Hebecnema sp. 3.JPG

 

Et, parfois, même les plus banales nous font douter.

Fannia canicularis (2) (petite mouche domestique):

 

FANNIIDAE Fannia canicularis 3.JPG

 

Pourtant, ce ne sont que des mouches...

Tout cela est finalement très étrange.

Nous regardons des êtres vivants.

Ils sont là, dans le viseur de nos appareils photos.

Nous ne sortons quasiment jamais de notre jardin pour photographier les insectes.

Et, sous nos yeux, tous les jours, se promènent des bestioles dont nous ignorons tout.

Dont nous n'arrivons même pas à trouver le nom.

Or, ce que l'on ne sait pas nommer, l'on ne peut le connaitre.

 

Qu'est-ce que ceci?

Tachinidae?? Muscidae??

 

IMGP4256.JPG

 

Qu'est-ce que cela?

Phaonia?? Helina??

 

MUSCIDAE Phaonia sp..JPG

 

Certes, un entomologiste averti aurait moins de doutes que nous.

Mais même les meilleurs entomologistes ne connaissent pas tout.

Les humains sont des empotés.

Ils croient connaitre des choses.

Mais la seule chose pour laquelle ils soient doués c'est se poser des questions.

Au moins, certains se posent-ils des questions...

 

Nous avons compris, cette année, qu'il nous serait pour toujours impossible de déterminer certaines mouches.

Même parmi les plus banales.

Ainsi, nos clichés intitulés Calliphora se terminent-ils invariablement par "sp."

Ce fameux "sp.", que nous avons évoqué déjà dans d'autres articles du blog, vient du latin "species", qui veut dire espèce.

Lorsque l'on écrit "sp.", cela signifie simplement que, si nous connaissons le genre, nous sommes dans l'incapacité de déterminer l'espèce, qui reste inconnue.

Calliphora sp. (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 5.JPG

 

Parfois, nous arrivons jusqu'à l'espèce.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 5.JPG
 

Sur le cliché précédent, il est impossible de la déterminer.

Mais il s'agit du même individu sur le cliché suivant.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 4.JPG

 

On reconnait l'espèce parce que les gènes (joues) présentent une couleur orangée.

Si elles avaient été noires, il se serait agit de Calliphora vomitoria.

 

De même, une autre mouche très banale, Sarcophaga carnaria, la mouche à damier, est quasiment impossible à déterminer sur photo.

Le spécimen qui suit pourrait-être aussi bien "carnaria" que "africa", voire une autre encore...

Sarcophaga sp. (3):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga sp..JPG

 

Heureusement pour nous, certaines espèces sont caractéristiques.

Lispocephala brachialis (3):

 

MUSCIDAE Lispocephala brachialis 3.JPG
 

Mais souvent, nous faisons appel à notre mauvaise foi (cf. article "La mauvaise foi").

Helina latitarsis (2):

 

MUSCIDAE Helina latitarsis.JPG
 

Macquartia dispar (2):

 

TACHINIDAE Macquartia dispar 2.JPG
 

Suillia sp. (2):

 

HELEOMYZIDAE Suillia sp. 1.JPG
 

Nous avons une impression, parfois une quasi certitude, mais persiste toujours un élément qui cultive le doute.

Souvent, nous regrettons le temps, pas si lointain, où, pour nous, les mouches n'étaient que des mouches.

Mais, une fois la boite de Pandore ouverte, il est trop tard.

La curiosité nous pousse.

Nous ne regarderons plus jamais les mouches de la même façon.

Alors, nous insistons.

Parfois, un élément nous convainc, comme la couleur des pattes.

Coenosia lineatipes (2):

 

MUSCIDAE Coenosia lineatipes.JPG

 

Un trace "fumée" dans la nervation alaire.

Phaonia tugurorium (2):

 

MUSCIDAE Phaonia tuguriorum.JPG

 

Parfois, il y a si peu d'éléments caractéristiques que nous procédons par exclusion.

Helina evecta (2):

 

MUSCIDAE Helina evecta 3.JPG

 

Mais, si la qualité du cliché est moins bonne, le doute s'accroit.

Helina evecta (1):

 

MUSCIDAE Helina evecta 1.JPG

 

A l'arrivée, ce sont des dizaines de clichés de mouches qui stagnent sans espoir dans nos fichiers "indéterminés".

Pour parvenir à une certitude, il faudrait les tuer et les passer sous une loupe binoculaire.

Mais nous ne possédons pas de binoculaire.

Et nous ne tuons pas les mouches.

Donc, nous continuons à scruter notre jardin.

 

IMGP4507.JPG

 

Mais nous sommes des scrutateurs en partie aveugles.

Comme le type de Platon dans sa caverne.

Quelques vagues lueurs mais, sous nos yeux, nous avons affaire à un univers contigu.

Qui restera longtemps mystérieux.

 

 

 

 



25/03/2017
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