LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Le retour des mouches

A chaque début de printemps, les insectes réapparaissent dans le jardin.

En début de saison, nous commençons surtout à rencontrer des mouches.

Ces mêmes mouches avec lesquelles nous éprouvons tant de difficultés (Cf: article intitulé "Les mouches").

Calliphora sp.(3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 4.JPG

 

L'une des dernières espèces de mouches que nous avons rencontré dans le jardin avant l'hiver avait été un syrphe.

La photo a été prise en novembre.

Eristalis pertinax (2):

 

SYRPHIDAE Eristalis pertinax 1.JPG

 

Cette année, notre première rencontre fut aussi le fait d'un syrphe.

Ceci dès le mois de février.

Meliscaeva auricollis (3):

 

SYRPHIDAE Meliscaeva auricollis 1.JPG

 

Puis nous avons rencontré plusieurs fois un autre syrphe, assez commun, mais particulièrement beau.

Episyrphus balteatus (3):

 

 SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 5.JPG

 

Ces premières rencontres, nous les devons à notre mimosa, qui finit sa floraison début mars.

Maintenant, nous possédons un matériel photographique un peu plus compétitif.

De fait, nous profitons de l'éclosion d'Episyrphus balteatus qui nous permet de réaliser quelques photos jusque là inaccessibles.

 

 SYRPHIDAE Episyrphus balteatus 3.JPG

 

Nous n'allons pas insister sur les syrphes, auxquels deux autres articles sont consacrés ("Encore des mouches" et "Magnifiques et mystérieux, les syrphes").

Et revenir, encore une fois, vers les "mouches" proprement dites.

Car nous ne sommes pas près d'avoir épuisé le sujet.

 

Les Muscidae représentent la famille de diptères la plus connue et l'une des plus nombreuses.

C'est au sein de cette famille que l'on rencontre la mouche domestique, la mouche d'automne, la mouche des étables...

Ce devrait donc être l'une des familles les plus faciles pour l'entomologiste amateur.

Nous avons déjà vu dans un article précédent ("Les mouches") que c'est loin d'être le cas.

En effet, les Muscidae sont un casse-tête chinois.

Nous avons lu quelque part, dans l'excellent forum "le monde des insectes", qu'un diptère gris qui ressemble à une mouche a toutes les chances d'appartenir à la famille des Muscidae.

C'est exactement çà.

Mais cela ne nous amène pas très loin.

Certaines espèces, certes, sont faciles à déterminer.

Stomoxys calcitrans (3) (mouche des étables), déjà citée:

 

MUSCIDAE Stomoxys calcitrans 3.JPG

 

On ne peut pas la rater en raison de sa "trompe".

D'autres présentent des couleurs caractéristiques.

Lispocephala brachialis (3):

 

MUSCIDAE Lispocephala brachialis 3.JPG

 

Mais la plupart des espèces sont beaucoup plus difficiles à reconnaitre.

Coenosia tigrina (2):

 

MUSCIDAE Coenosia tigrina.JPG

 

Dans bon nombre de cas, on trouve le genre mais pas l'espèce.

Hebecnema sp. (3):

 

MUSCIDAE Hebecnema sp. 3.JPG

 

Parfois, nous faisons appel à notre mauvaise foi (cf. article "La mauvaise foi").

Helina latitarsis (2):

 

MUSCIDAE Helina latitarsis.JPG 

 

Dans certains cas, nous avons une "impression", parfois une quasi certitude, mais persiste toujours un élément qui cultive le doute.

Souvent, nous regrettons le temps, pas si lointain, où, pour nous, les mouches n'étaient que des mouches.

Mais, une fois la boite de Pandore ouverte, il est trop tard.

La curiosité nous pousse.

Nous ne regarderons plus jamais les mouches de la même façon.

Alors, nous insistons.

Parfois, un élément nous convainc, comme la couleur des pattes.

Coenosia lineatipes (2):

 

MUSCIDAE Coenosia lineatipes.JPG

 

Un trace "fumée" dans la nervation alaire.

Phaonia tugurorium (2):

 

MUSCIDAE Phaonia tuguriorum.JPG

 

Parfois, il y a si peu d'éléments caractéristiques que nous procédons par élimination.

Helina evecta (2):

 

MUSCIDAE Helina evecta 3.JPG

 

Mais, si la qualité du cliché est moins bonne, le doute s'accroit.

Helina evecta (1):

 

MUSCIDAE Helina evecta 1.JPG

 

Et, parfois, même les plus banales nous font douter.

Fannia canicularis (2) (petite mouche domestique):

 

FANNIIDAE Fannia canicularis 3.JPG

 

A noter que Fannia canicularis n'appartient pas à la famille des Muscidae.

Mais à la (petite) famille des Fanniidae, qui leur sont apparentées.

En fait, il est quasiment impossible, à partir d'une photo, de déterminer à coup sûr une espèce appartenant aux Fanniidae.

Tout se joue sur un infime détail de la nervation alaire, le plus souvent peu visible.

Ainsi, celle-ci, étiquetée avec beaucoup de mauvaise foi Fanniidae, n'en est peut-être pas une.

Fannia lustrator (1):

 

FANNIIDAE Fannia lustrator.JPG

 

Pourtant, ce ne sont que des mouches...

Tout cela est finalement très étrange.

Nous regardons des êtres vivants.

Ils sont là, dans le viseur de nos appareils photos.

Nous ne sortons quasiment jamais de notre jardin pour photographier les insectes.

Et, sous nos yeux, tous les jours, se promènent des bestioles dont nous ignorons tout.

Dont nous n'arrivons même pas à trouver le nom.

Or, ce que l'on ne sait pas nommer, l'on ne peut le connaitre.

 

Qu'est-ce que ceci?

Tachinidae?? Muscidae??

 

IMGP4256.JPG

 

Qu'est-ce que cela?

Phaonia?? Helina??

 

MUSCIDAE Phaonia sp..JPG

 

Certes, un entomologiste averti aurait moins de doutes que nous.

Mais même les meilleurs entomologistes ne connaissent pas tout.

Les humains sont des empotés.

Ils croient connaitre des choses.

Mais la seule chose pour laquelle ils soient doués c'est se poser des questions.

Au moins, certains se posent-ils des questions...

 

Nous avons compris, cette année, qu'il nous serait pour toujours impossible de déterminer certaines mouches.

Même parmi les plus banales.

Ainsi, nos clichés intitulés Calliphora (famille des Calliphoridae) se terminent-ils la plupart du temps par "sp."

Ce fameux "sp.", que nous avons évoqué déjà dans d'autres articles du blog, vient du latin "species", qui veut dire espèce.

Lorsque l'on écrit "sp.", cela signifie simplement que, si nous connaissons le genre, nous sommes dans l'incapacité de déterminer l'espèce, qui reste inconnue.

Calliphora sp. (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 5.JPG

 

Parfois, nous arrivons jusqu'à l'espèce.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 5.JPG
 

Sur le cliché précédent, il est impossible de la déterminer.

Mais il s'agit du même individu sur le cliché suivant.

Calliphora vicina (3):

 

CALLIPHORIDAE Calliphora vicina 4.JPG

 

On reconnait l'espèce parce que les gènes (joues) présentent une couleur orangée.

Si elles avaient été noires, il se serait agit de Calliphora vomitoria.

 

De même, une autre mouche très banale, Sarcophaga carnaria (famille des Sarcophagidae), la mouche à damier, est quasiment impossible à déterminer sur photo.

Le spécimen qui suit pourrait-être aussi bien "carnaria" que "africa", voire une autre encore...

Sarcophaga sp. (3):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga sp..JPG

 

Celle-ci, pourtant proposée au site "Le monde des insectes", ne fut pas déterminée non plus.

Faute d'éléments probants sur la photo.

Sarcophaga sp. (3):

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga sp..JPG

 

Dans la famille des Anthomyiidae, l'identification des espèces est aussi problématique.

A l'exception de la "mouche de la pluie", les autres sont redoutables pour l'entomologiste débutant.

Delia sp. (2):

 

ANTHOMYIIDAE Delia sp. 3.JPG
 

Hylemia sp. (1):

 

ANTHOMYIIDAE Hylemia sp..JPG
 

Pegoplata sp. (1):

 

ANTHOMYIIDAE Pegoplata sp..JPG
 

Il est encore une famille de "mouches" non encore abordée dans le blog: les rhinophorides.

Cette famille est proche des Sarcophagidae.

Et, comme toutes les "mouches", elles nous laissent sceptiques.

 

Ainsi la suivante ressemble -t-elle étrangement à Nyctia halterata.

Paykulia maculata (0):

 

 RHINOPHORIDAE Paykullia maculata.JPG

 

Les autres ne sont guère plus caractéristiques.

Stevenia deceptoria (1):

 

RHINOPHORIDAE Stevenia deceptoria 2.JPG 

 

Stevenia signata (2):

 

RHINOPHORIDAE Stevenia signata 1.JPG

 

A l'arrivée, toutes familles confondues, ce sont des dizaines de clichés de "mouches" qui stagnent sans espoir dans nos fichiers "indéterminés".

Pour parvenir à une certitude, il faudrait les tuer et les passer sous une loupe binoculaire.

Mais nous ne possédons pas de binoculaire.

Et nous ne tuons pas les mouches.

Donc, nous continuons à scruter notre jardin.

 

IMGP4507.JPG

 

Mais nous sommes des scrutateurs en grande partie aveugles.

Comme les mecs de Platon dans leur caverne.

 

161209_4r4ra_dessine_caverne_sn635.jpg

 

Quelques vagues lueurs...

Sous nos yeux, nous avons affaire à un univers contigu.

Et pourtant peu perceptible.

Un univers qui restera longtemps mystérieux.

 

Donc, globalement, nos relations avec les mouches sont difficiles.

Au tout début, nous n'avions pas les bases nécessaires pour nous affranchir des obstacles les plus mineurs.

Depuis cela s'est un peu amélioré.

Mais beaucoup de chemin reste à parcourir.

Les Diptères constituent pour l'entomologiste débutant un des ordres les plus complexes.

 

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(droits réservés)

 

Avec environ une centaine de familles pour quelques 6000 espèces différentes en France, il est aussi l'un des plus importants.

Et, parmi les diptères, les espèces les plus difficiles à reconnaitre sont les "mouches" proprement dites.

 

La photographie des diptères impose certaines règles.

Un téléobjectif 50/200, comme celui dont nous disposions au départ, s'il est utilisable pour les papillons et les libellules, est complétement inadapté pour les mouches.

Il faut posséder au moins un objectif macro 100mm.

Ou mieux un macro 180 mm.

 

bonsang 1.jpg

(droits réservés)

 

Mais, même avec ce type d'objectif, il faut s'affranchir du problème de la profondeur de champ, pas évident pour des croulants de l'argentique.

Ainsi que des difficultés que peut générer l'autofocus.

Deux solutions:

-Pour les patients, les acharnés, fondre sur les notices, sur les forums, et acquérir les bases nécessaires.

-Pour les foutiques, les impatients (dont nous sommes), s'affranchir des obstacles par la pratique, compenser les défauts par le traitement des images.

Et surtout ne pas hésiter à faire des dizaines de clichés.

Ceci est l'avantage majeur du numérique: on peut multiplier les clichés.

Il en restera toujours un ou deux de bons.

Mais surtout, il faut photographier du dessus, de côté, de partout...

Sans le détail des ailes, des pattes, des soies thoraciques, etc. la plupart des "mouches" resteront dans l'ombre de nos approximations.

 

 

 

 

 

 

 



25/03/2017
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