LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Les minuscules

Lorsque l'on commence à photographier les insectes, on débute toujours par les plus gros.

C'est normal puisqu'on les voit.

Ce n'est qu'après plusieurs mois de pérégrinations que l'on finit par s'intéresser aux plus petits.

Enfin, dernière étape, on jette un œil aux vraiment très petits.

Et la migraine s'installe!

Dans des articles précédents, nous avons déjà évoqué le cas cette chloropide.

Thomatomyia notata (3):

 

CHLOROPIDAE Thomatomyia notata 2.JPG

 

Photographiée une seule fois la saison passée, notre surprise fut grande au développement du cliché.

Une surprise logique car nous ne photographions alors quasiment jamais les minuscules.

Mais sa beauté nous avait interpellé.

Depuis, nous avons constaté, et ce dès le début du printemps, que cet insecte existait dans notre jardin en grand nombre.

 

IMG_5021.JPG

 

Thomatomyia notata mesure environ 2 mm.

Nous avons donc décidé de nous intéresser aux minuscules.

C'est-à-dire, en gros, aux insectes mesurant entre 2 et 6 mm.

Ainsi, nous avons pu rencontrer d'autres mouches très petites.

Et, curieusement, joliment parées.

Comme celle-ci, de la famille des Agromyzidae, qui mesure à peu près 2 mm aussi.

Phytomyza sp. (3):

 

AGROMYZIDAE Phytomyza sp. 1.JPG
 

Les insectes très petits posent plusieurs sortes de problèmes à l'entomologiste amateur.

La première difficulté les concernant est qu'ils sont difficiles à photographier.

Les deux cicadelles qui suivent mesurent environ 4 mm.

Et aucune de ces photos n'est vraiment réussie.

Euscelidius variegatus (2):

 

HOMOPTERA CICADELLIDAE Euscelidius variegatus.JPG

 

Euscelis incisus (3):

 

CICADELLIDAE Euscelis incisus 1.JPG

 

Heureusement, certains insectes sont paisibles et prennent la pose.

Comme cette très curieuse mouche de la famille des Phaeomyiidae, 6mm à peu près.

Pelidnoptera fuscipennis (3):

 

PHAEOMYIIDAE Pelidnoptera fuscipennis 2.JPG

 

Ou cette autre mouche, de la famille des Opomyzidae, environ 4mm.

Geomyza tripunctata (3):

 

OPOMYZIDAE Geomyza tripunctata 3.JPG

 

Mais les mouches finissent par prendre leur vol et, si aucune photo n'est réussie, c'est cuit.

En général, les très petites araignées sont assez peu mobiles et ne risquent pas, au moins, de s'envoler.

Celle-ci mesure environ 4 mm.

Menemerus sp. (3):

 

SALTICIDAE Menemerus sp. 1.JPG

 

Celle-ci, un peu plus grande, mesure environ 6 mm.

Carrhotus xanthogramma (2):

 

SALTICIDAE Carrhotus xanthogramma 2.JPG

 

Au contraire, certains insectes sont hyperactifs et n'arrêtent pas de bouger.

Les fourmis, évidemment, rentrent dans cette catégorie.

L'espèce suivante mesure environ 4 mm.

Crematogaster scutellaris (3):

 

FORMICIDAE Crematogaster scutellaris 1.JPG

 

Les mutilles, qui ne s'appellent pas "guêpes fourmis" par hasard, sont aussi des insectes hyperactifs.

Celle qui suit mesure 6 mm et courait dans tous les sens.

Myrmilla capitata (3):

 

MUTILLIDAE Myrmilla capitata 1.JPG

 

Pour ceux qui n'ont pas lu nos précédents articles sur les hyménoptères, un mot sur la photo qui précède:

Nous n'avons pas fumé de chichon.

Ce que vous voyez là est bel et bien une guêpe, et non pas une fourmi.

 

Certains insectes, enfin, cumulent toutes les difficultés.

Ils sont petits, actifs, et risquent de s'envoler.

Comme ce moucheron de 6 mm.

Bibio femoralis (3):

 

BIBIONIDAE Bibio femoralis 1.JPG

 

Le second problème posé par les minuscules c'est qu'ils sont difficiles à voir.

Plus ils sont immobiles, plus ils sont faciles à photographier.

Mais, plus ils sont immobiles, plus ils sont difficiles à repérer.

Ainsi, il faut être particulièrement attentif pour repérer ceci, qui mesure environ 3mm.

Saitis barbipes (2):

 

SALTICIDAE Saitis barbipes 3.JPG

 

Celle-ci, pas plus grande, se trouve plus facilement car elle pose au milieu de sa toile.

Zilla dioda (3):

 

ARANEA Zilla diodia 3.JPG

 

Par contre, ce nématocère de 6 mm ne se contente pas d'être petit.

En plus, il se cache.

Chironomus sp. (3):

 

CHIRONOMIDAE Chironomus sp. 1.JPG

 

Le troisième problème posé par les minuscules c'est qu'ils nécessitent tout de même un matériel photographique assez performant.

Donc onéreux.

Cette année nous nous sommes procurés un boitier canon EOS 6.

 

canon-eos-6d-02-800.jpg

(droits réservés)

 

Et un objectif macro Sigma 180mm.

 

USED-4014650.jpg

(droits réservés)

 

Tout cela d'occasion, mais pas donné quand même.

Malgré cela, nos photos restent souvent médiocres.

Mais certaines auraient été impossibles à prendre avec notre ancien appareil.

Nous ne désespérons pas d'apprendre un jour à utiliser correctement ce matériel.

 

Le quatrième problème posé par les insectes minuscules nous rappelle que l'humanité ne sort que rarement de ses tares de base.

Parmi lesquelles une certaine propension à la facilité.

Parce qu'ils sont petits, parce qu'on les voit à peine, les minuscules ont moins intéressé les entomologistes professionnels que leurs congénères plus grands.

Si quasiment aucune espèce d'insectes de grande taille n'a échappé aux études taxonomiques, c'est loin d'être le cas pour les minuscules.

 

Pour la très petite mouche qui suit (4mm), le cliché a été difficile à réaliser.

Elle vole peu, mais se déplace constamment.

Après avoir interrogé le site "Quel est cet animal?", nous avons pu trouver la famille: Phoridae.

Pour aller plus loin, seuls quelques sites nord-américains nous ont éclairé.

Le genre en question est pourtant utilisé en lutte biologique contre certains nuisibles.

Pour l'espèce, aucun espoir.

Pseudacteon sp. (2):

 

PHORIDAE Pseudacteon sp. 1.JPG

 

Pour les nématocères suivants (tous inférieurs à 6mm), il a été très difficile aussi de s'en sortir.

Très peu d'individus sont présentés sur les sites spécialisés.

Le site "le monde des insectes" nous a orienté.

Pour les familles, on peut y arriver.

Pour les genres, c'est plus difficile.

Surtout quand la photo n'est pas très bonne.

Sciara sp. (2):

 

SCIARIDAE Sciara sp..JPG

 

Mais, même lorsqu'elle est meilleure, pour l'espèce, il est impossible de trouver.

Bradysia sp. (2):

 

SCIARIDAE Bradysia sp..JPG

 

Cecidomyiia sp. (3):

 

CECIDOMYIIDAE Cecidomyiia sp..JPG

 

Parfois, on a la chance d'avoir un couple sur un même cliché.

Mais, même dans ce cas, l'espèce nous échappe.

Orthocladiinae sp. (3):

 

CHIRONOMIDAE Orthocladiinae sp. 2.JPG

 

Enfin, il y a le cas extrême.

La photo est ratée.

L'insecte est extrêmement curieux.

Il mesure à peine 2 mm.

L'on ne se résigne pas à le mettre à la poubelle.

On cherche tout de même, et l'on est sauvé par l'excellent site anglo-saxon "Diptera.info".

Celyphus sp. (2):

 

CELYPHIDAE Celyphus sp..JPG

 

Les Celiphydae sont des mouches assez curieuses.

Leur scutellum (dernière partie du thorax) est très long et vient recouvrir l'abdomen comme une coquille.

De fait, cela ressemble à des élytres, d'où leur nom de mouches-scarabées.

Il s'agit d'une famille très peu étudiée en France.

Les seules informations à leur sujet viennent de sites anglo-saxons (et nous parlons très mal l'anglais!).

 

En conclusion, nous continuerons à nous intéresser dorénavant aux minuscules.

Ils sont nombreux, divers et passionnants.

Hélas, ils provoquent de nombreuses migraines.

 

migraine art.jpg

(droits réservés)

 

Car ils sont difficiles à voir, difficiles à photographier et difficiles à déterminer.

 

 

 

 



18/03/2017
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