LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Les mouches

Les mouches viennent en dernier.

Non pas sur les cadavres.

Mais dans les préoccupations de n'importe quel entomologiste amateur.

Parce que les mouches ne plaisent pas.

Dans les temps anciens, on les associaient à Satan, lequel était aussi surnommé le Dieu des mouches.

Même Saint François d'Assise n'aimait pas les mouches.

C'est tout dire!

Et nous n'aimons pas non plus les mouches.

Parce qu'elles nous agacent.

Parce qu'elle sont moches.

Même leurs noms latins sont moches.

Sarcophaga carnaria (3) (mouche de la viande):

Beurk!

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga carnaria 2 (mouche de la viande).JPG

 

Encore que! On l'appelle aussi la mouche à damier.

C'est vrai que cela fait plus classe que la "mouche à viande".

Et, du coup, nous la regardons différemment.

 

Calliphora vomitoria (1):

re-Beurk!

 

CALLIPHORIDAE Calliphora sp. 4.JPG
 
Bien difficile à distinguer de sa cousine Calliphora vicina, dont le nom est plus agréable.

Sauf lorsque nos voisins nous donnent envie de vomir.

 

Scathophaga stercoraria (3):

re-re-Beurk!

 

 SCATHOPHAGIDAE Scathophaga stercoraria 1 (mouche à merde).JPG

Pourtant, la mouche à merde (c'est bien d'elle dont il s'agit), à y regarder de plus près, n'est pas si laide.

Mais, tout de même, la photo n'est pas très réussie.

Elle nous cache peut-être la face tragique de la vérité...

 

Les luciles, c'est sûr, sont belles.

C'est sans doute pour les punir de cette beauté que le vulgum pecus les confond avec les mouches à merde; ce qu'elles ne sont pas.

Lucilia sp. (3) (mouche verte):

 

CALLIPHORIDAE Lucilia sp. 3 (mouche verte).JPG

 

Belles, mais impossibles à déterminer les unes des autres sans les bousiller à coups de tapette.

Et les passer sous la loupe binoculaire.

Méritent-elles cela?

 

Les luciles sont englobées dans le groupe (complètement factice) des mouches vertes.

Ce groupe compte 25 espèces différentes en France.

Nous ne pouvons que déconseiller un entomologiste amateur de s'y intéresser car elles représentent un véritable casse-tête chinois.

Ceci est une probable Lucilia sericata (1):

 

CALLIPHORIDAE Lucilia ampullacea (mouche cuivrée).JPG

 

Ceci pourrait être Chrysomia albiceps (1), mais rien n'est moins sûr.

Et la photo est bien trop mauvaise pour s'assurer de quoi que ce soit:

 

CALLIPHORIDAE Chrysomia albiceps 2.JPG

 

Quant à celle-ci, étiquetée dans un premier temps Eudasyphora cyanella (0), nous ne parierions pas deux balles dessus.

Car rien ne permet de valider l'observation, puisque aucun élément déterminant n'est visible sur ce cliché:

 

MUSCIDAE Eudasyphora cyanella.JPG

 

Décidément, les mouches sont bien là pour nous démoraliser.

Certaines nous pourrissent la vie au quotidien.

En pénétrant dans l'intimité de nos chaumières lorsque l'hiver s'approche.

Même les mouches les plus habituelles ne sont pas faciles à distinguer entre elles.

Musca automnalis (2) (mouche d'automne):

 

MUSCIDAE Musca domestica 1.JPG
 

Musca domestica (2) (mouche domestique):

 

MUSCIDAE Musca  domestica 1.JPG

 

En fait, qui sont donc ces mouches, que nous croyions si bien connaitre?

Ce que nous appelons "les mouches" font partie de l'ordre des diptères.

Mais tous les diptères ne sont pas des mouches (nous y reviendrons).

Nombreux sont, toutefois, les diptères qui sont des "mouches".

Les syrphes, les bombyles, peuvent être considérés comme des "mouches" (nous y reviendrons aussi).

Mais, habituellement, ce que l'on appelle "les mouches", appartiennent à la famille des Muscidae, et aux familles qui lui sont apparentées.

Bref, toutes les mouches qui ressemblent à des "mouches".


Les Muscidae comptent en leur sein les "mouches domestiques" et les "mouches d'automne".

Mais bien d'autres espèces encore.

Et bien difficiles à déterminer.

Rares sont celles, comme la "mouche des étables" par exemple, qui disposent d'un élément caractéristique.

Stomoxys calcitrans (3):

 

MUSCIDAE Stomoxys calcitrans 5.JPG

 

La plupart du temps, tout se joue sur un détail.

L'habitus, la nervation alaire sont importants, mais ne suffisent pas.

Idéalement, il faudrait aussi s'attacher à la chétotaxie (disposition des soies sur le thorax).

Mais cela est peu accessible à l'amateur.

Alors on patauge, on cherche dans les galeries, on essaie...

Coenosia agromyzina (2):

 

MUSCIDAE Coenosia agromyzina.JPG

 

Coenosia testacea (1):

 

MUSCIDAE Coenosia testacea.JPG

 

Des fois, on aimerait bien tenter une espèce.

Mais nous n'osons pas pousser aussi loin notre mauvaise foi.

Surtout lorsque l'on doute même du genre.

Coenosia sp. (2):

 

MUSCIDAE Coenosia sp. 1.JPG
 

Heureusement, certaines mouches ont la décence d'être facilement reconnaissables.

Mesembrina meridiana (3), appelée "la mouche de midi":

 

MUSCIDAE Mesembrina meridiana (mouche de midi SP).JPG 

 

Graphomya maculata (3) "la graphomie tachetée":

 

MUSCIDAE Graphomya maculata.JPG

 

Mais elles ne représentent que des exceptions.

La plupart du temps l'identification est difficile, voire impossible à partir d'un seul cliché.

On essaie encore...

Limnophora maculosa (2):

 

MUSCIDAE Limnophora maculosa.JPG
 

Phaonia bitincta (2):

 

MUSCIDAE Phaonia bitincta 2.JPG
 

Phaonia fuscata (2):

 

MUSCIDAE Phaonia fuscata.JPG

 

Phaonia tuguriorum (1):

 

MUSCIDAE Phaonia tuguriorum.JPG

 

On essaie de les reconnaitre en tentant d'y apporter tout le sérieux nécessaire.

Mais, souvent, de gros doutes persistent.

Et nous savons, d'ores et déjà, que nos erreurs d'identification les plus nombreuses concernent les mouches.

Petit à petit, nous tâchons d'y remédier.

Ainsi le spécimen suivant avait été, dans un premier temps, considéré appartenant à la famille des Muscidae.

Il s'agissait, en fait, d'une tachinaire.

Une famille de mouches sur laquelle nous reviendrons.

Stomina sp. (3):

 

TACHINIDAE Stomina sp..JPG
 

A côté des Muscidae, il existe d'autres familles qui leur sont proches.

Et dont les spécimens sont appelés vulgairement des "mouches".

 

Certains membres de ces familles ont déjà été évoqués en début d'article.

La famille des Scathophagidae pour Scathophaga stercoraria (la "mouche à merde").

Celles des Calliphoridae pour Lucilia (la "mouche verte"), Chrysomia albiceps et Calliphora (la "mouche bleue").

Voici d'autres espèces de calliphorides:

Pollenia rudis (3) (la "mouche des greniers"):

 

CALLIPHORIDAE Pollenia rudis 3.JPG

 

Bellardia sp. (2):

 

CALLIPHORIDAE Bellardia sp..JPG 

 

Melinda sp. (2):

 

CALLIPHORIDAE Melinda sp..JPG
 

Stomorhina lunata (3):

 

CALLIPHORIDAE Stomorhina lunata 1.JPG

 

CALLIPHORIDAE Stomorhina lunata (femelle) 3.JPG

 

Dans les deux photos qui précédent, nous avons affaire à un mâle, puis à une femelle.

Le dysmorphisme sexuel présenté ici est assez banal chez les mouches.

Yeux serrés chez les mâles, écartés chez les femelles.

 

Voici d'autres spécimens, cette fois de sarcophagides:

Nyctia halterata (3):

 

SARCOPHAGIDAE Nyctia halterata 1.JPG
 

Sphenometopa fastuosa (3), très caractéristique:

 

SARCOPHAGIDAE Sphenometopa fastuosa 1.JPG
 

Sarcophaga africa (3), ici reconnaissable parce que l'on aperçoit une tache rougeâtre au niveau de l'anus...

Souffre-t-elle d'hémorroïdes?:

 

SARCOPHAGIDAE Sarcophaga africa 2.JPG

 

Parmi les familles proches des Muscidae, il y a aussi celle des Anthomyiidae.

Encore une fois, un groupe présentant certaines difficultés en termes de détermination.

 

Ainsi, Anthomyia pluvialis (3), (la "mouche de la pluie"):

 

ANTHOMYIDAE Anthomyia pluvialis 1.JPG

 

Qui ressemble comme deux gouttes d'eau à sa cousine, Anthomyia procellaris (3):

 

 ANTHOMYIDAE Anthomyia pluvialis 1.JPG

 

Pourtant, malgré que nous ne les aimions pas, les mouches nous sont nécessaires.

Ce sont elles qui nous débarrassent des charognes et des excréments.

 

42024101.jpg

(droits réservés)

 

Encore elles dont les larves produisent l'humus.

Certaines sont prédatrices des pucerons, d'autres régulent les mauvaises herbes, d'autres participent de la pollinisation...

Enfin, et peut-être surtout, du fait de leur énorme biomasse, les mouches représentent un des éléments essentiels des chaines alimentaires.

 

Les mouches nous emmerdent.

 

da9e1da8.jpg

(droits réservés)

 

Mais nous n'existerions pas sans elles!

Malgré cela, nous continuons de ne pas aimer pas les mouches.

Même Einstein ne les aimait pas.

En effet, il se souciait des catastrophes provoquées par une éventuelle disparition des abeilles.

Mais il n'évoqua jamais celle des mouches, qui serait plus catastrophique encore.

Nous n'aimons pas les mouches, mais nous avons tort de ne pas les aimer...

 

 



28/10/2016
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