LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Punaise de punaises!

Il y a plusieurs mois, nous écrivions un premier article sur les punaises intitulé "Punaise!" (titre très original s'il en est).

Nous avions alors rencontrés dans le jardin 29 espèces de punaises différentes.

Dont, bien sûr, la plus répandue et la plus connue: le "gendarme".

Pyrrhocoris apterus (3):

 

PYRRHOCORIDAE  Pyrrhocoris apterus 5.JPG

 

Nous exprimions, en fin d'article, notre conviction d'en rencontrer d'autres dans le futur.

Quelques mois plus tard, c'est en effet le cas.

Ce n'est pas un exploit.

N'importe quel jardin regorge de punaises...

Mais ce sont des animaux difficiles à voir.

Strictopleurus sp. (3):

 

RHOPALIDAE Strictopleurus sp. 1.JPG

Très difficiles même...

Strictopleurus sp. (3):

 

RHOPALIDAE Strictopleurus sp. 1.JPG

 

La plupart des nouvelles espèces que nous avons rencontré cette année appartiennent à la famille des Miridae.

Les Miridae sont de petites punaises, assez faciles à reconnaitre en tant que telles car leur scutellum présente (souvent) une forme de cœur.

Le scutellum est la dernière partie dorsale du thorax, celle qui est la plus proche de l'abdomen.

Deraeocoris schach (3):

 

MIRIDAE Deraeocoris ruber 3.JPG

 

Devançant les Pentatomidae, il s'agit de la famille de punaises présentant le plus grand nombre d'espèces.

 

Certaines espèces de la famille des Miridae sont considérées comme "utiles".

Parce qu'elles bouffent d'autres insectes.

Celles du genre Deraeocoris en particulier, parfois utilisées en "lutte biologique".

Deraeocoris punctum (3):

 

MIRIDAE Deraeocoris punctum 1.JPG

 

Deraeocoris ribauti (3):

 

MIRIDAE Deraeocoris ribauti 1.JPG

 

D'autres sont considérées comme "nuisibles" parce qu'elles sont phytophages.

Closterotomus norwegicus (3):

 

MIRIDAE Closterotomus norwegicus 2.JPG

 

En réalité, la plupart des Miridae ont des régimes mixtes, et ne sont ni utiles, ni nuisibles.

Elles participent simplement des équilibres complexes des écosystèmes qui nous entourent.

Auxquels nous ne comprenons encore quasiment rien.

Et que nous sommes en train de détruire avant même de les avoir connus.

Adelphocoris seticornis (3):

 

MIRIDAE Adelphocoris seticornis 2.JPG

 

Deraeocoris flavilinea (3):

 

MIRIDAE Deraeocoris flavilinea.JPG

 

Dryophilocoris flavoquadrimaculatus (3):

 

MIRIDAE Dryophilocoris flavoquadrimaculatus.JPG

 

Deraeocoris lutescens (2):

MIRIDAE Deraeocoris lutescens.JPG

Heterotoma planicornis (3)

 

MIRIDAE Heterotoma planicornis 1.JPG

 

Deraeocoris ruber (3):

 

MIRIDAE Deraeocoris ruber 3.JPG

Certaines espèces du genre Miris ont la particularité, dans leurs formes larvaires, de ressembler à des fourmis.

Miris striatus (1):

 

MIRIDAE Miris striatus 2.JPG

 

Par cet exemple, nous touchons à la difficulté principale concernant la détermination des punaises.

Les formes larvaires sont souvent très éloignées morphologiquement des formes adultes.

(Attention, à partir de là, à l'exception de Lygus pratensis, les spécimens pris en photo n'appartiennent plus à la famille des Miridae)

Eurydema ornata (3) forme larvaire:

 

PENTATOMIDAE Eurydema ornata 2.JPG

 

Eurydema ornata (3) forme adulte:

 

PENTATOMIDAE Eurydema ornata 1.JPG

 

Par ailleurs, plusieurs espèces de punaises présentent un polymorphisme important.

Lygus pratensis (3):

 

MIRIDAE Lygus pratensis 1.JPG
 

Lygus pratensis (3) encore:

 

MIRIDAE Lygus pratensis 2.JPG
 

Lygus pratensis (3) toujours:

 

MIRIDAE Lygus pratensis 3.JPG
 

Pour autant, les punaises, dans l'ensemble, sont assez faciles à déterminer.

Beaucoup plus, en tout cas, que les mouches proprement dites ou les abeilles solitaires.

 

Nous ne reviendrons pas sur la "mauvaise" réputation des punaises.

Absurdité liée à un temps où l'anthropocentrisme faisait rage.

Il est extrêmement peu probable que nous soyons, hommes, le stade terminal de l'évolution.

Et absolument faux que la nature, autour de nous, ne soit là que pour nous servir.

Du moins pas au sens où ont pu l'entendre les scientistes de jadis.

Le jardin de Choui et Leia, strictement permaculturel, se porte très bien avec ses punaises.

 

IMGP5806.JPG

 

IMGP5899.JPG

 

Bien sûr, la sexualité des punaises est, comment dire? Spéciale...

Encore une fois parce que nous lui appliquons des critères anthropomorphiques complètement inadaptés.

Pour plus d'informations sur ce sujet, allez voir l'excellente et hilarante série "Green porno", avec l'extraordinaire Isabella Rossellini.

 

Isabella-Rossellini-Toronto-Film-Festival-2003-Vogue-7March16-Getty_b.jpg

(droits réservés)

 

La seule chose qu'il nous parait aujourd'hui raisonnable de faire est de laisser tranquilles les punaises en particulier, et les insectes en général.

Ils étaient là avant nous.

Et, probablement, seront encore là après nous.

Contentons-nous donc de les regarder en attendant.

Les punaises, si l'on sait être attentif, sont un extraordinaire terrain d'observation.

Rhynocoris erythropus (3):

 

REDUVIIDAE Rhynocoris erythropus 1.JPG
 

Maccevethus sp. (3):

 

RHOPALIDAE Maccevethus sp..JPG

 

Enoplops scapha (3):

 

COREIDAE Enoplops scapha 1.JPG

 

Geocoris erythrocephalus (3):

 

LYGAEIDAE Geocoris erythrocephalus.JPG

Eurydema oleracea (3):

 

PENTATOMIDAE Eurydema oleracea 2.JPG

 

Peut-être, à force de les regarder, les punaises nous apprendront-elles l'humilité?

Cette qualité qui nous manque, hélas, si souvent.

 



11/07/2017
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