LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Résultats et constatations: la prairie

Dans l'un de nos précédents articles concernant la permaculture (premier précepte: la diversité), nous mettions en garde contre le gazon.

Celui-ci, étant une monoculture, impacte la biodiversité, et n'offre à nos yeux qu'une triste uniformité.

Par ailleurs, le gazon nécessite d'être arrosé fréquemment.

Nous oblige à utiliser des engrais chimiques.

Et, paradoxalement, des herbicides.

Ces derniers seront évidemment sélectifs, ne s'attaquant qu'aux mousses.

 

En ce qui nous concerne, nous avons logiquement opté pour de la prairie sauvage.

Parce que nous sommes en Provence, celle-ci évolue spontanément vers une prairie "sèche" (terrains calcaires, peu de précipitations).

Cela ne nécessite, bien sûr, aucune substance chimique.

Et surtout nous offre, au printemps, le spectacle de fleurs discrètes, mais très belles.

Quelques orchidées.

Ophrys araignée:

 

Ophrys araignée 1.JPG

 

Orchis géant:

 

IMG_5189.JPG

 

Plusieurs espèces de géraniums sauvages:

 

Géranium bec de grue.JPG

 

Géranium des Pyrénées.JPG

 

Des euphorbes:

 

IMG_5860.JPG
 

Des Dames d'onze heures:

 

Dame d'onze heures (2).JPG

 

Des nigelles:

 

Nigelle de Damas.JPG
 

Il en est bien d'autres (muscari, véronique, coquelicot, cardamine, lamier, pâquerette, laiteron...).

Certaines sont présentées dans l'article "Les affaires reprennent".

 

Ce type de prairie présente de multiples intérêts en termes de permaculture.

Elles favorisent les auxiliaires du sol (cloportes, collemboles, oribates, nématodes...).

Elles nécessitent un arrosage minimum.

Elles permettent à la biodiversité de trouver ses conditions de vie (au contraire des gazons qui sont des cimetières).

Andrena dorsata (2) sur un laiteron:

 

COLLETIDAE Colletes cunicularius 2.JPG

 

Amegilla sp. (3) sur du lamier:

 

APIDAE Amegilla sp. 2.JPG

 

Bombylius trichurus (3) sur de la cardamine:

 

BOMBYLIIDAE Bombylius trichurus 2.JPG
 

Bombylius analis (3) sur une véronique:

 

BOMBYLIIDAE Bombylius analis.JPG 

 

Chrysotoxum cautum (3) sur une euphorbe:

 

SYRPHIDAE Chrysotoxum cautum 2.JPG
 

Nous ne comprenons pas très bien pourquoi s'acharner à obtenir ceci (un gazon):

 

Gazon 3.JPG

(droits réservés)

 

Qui nécessite herbicides, engrais chimiques et, au final, stérilise le sol.

Plutôt que profiter de cela (notre prairie):

 

IMGP4801.JPG

 

Qui ne nécessite rien et permet au sol de se régénérer.

 

Pour autant, nous entretenons un minimum notre prairie.

Mais les tontes que nous pratiquons sont toujours en coupe haute (sept centimètres), et pas trop nombreuses.

De manière à ne pas tout massacrer.

Ici, après la tonte:

 

IMG_6233.JPG 

 

Et, surtout, nous ne nous acharnons pas à "bien dégager sur les côtés".

 

IMGP4794.JPG

 

Il est nécessaire que subsistent quelques ilots, de façon à ce que les auxiliaires (insectes, reptiles, etc.) trouvent la tranquillité dont ils ont besoin.

 

IMGP4798 (2).JPG

 

Ils pourront ainsi bénéficier d'espaces pour leur repos, leur reproduction et leurs mues éventuelles.

 

La prairie est un écosystème complexe.

Spontanément, plusieurs espèces d'herbacées vont s'y développer et constituer la "strate herbacée".

Dans certains coins du jardin, nous laissons la prairie livrée à elle-même.

Plusieurs exemples de strate herbacée:

Laiteron, cardamine, véronique, mauve, trèfle, plantain, géranium bec-de-grue...

 

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Euphorbe, chardon Marie, géranium mou, renoncule, folle-avoine, lamier, oseille...

 

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La strate arbustive vient compléter la strate herbacée.

Dans un premier temps, les épineux se développent (aubépines, ronces des bois) ainsi que les genets.

 

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Puis les arbres (ormeaux, amandiers, figuiers...)

 

IMGP4888 (2).JPG

 

Les ormeaux, atteints par la graphiose, meurent tous les ans, mais se régénèrent spontanément.

 

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Nous n'abusons pas des strates arbustives, mais nous les laissons, en quelques endroits, se développer.

En plus de favoriser la biodiversité végétale, cela constitue d'excellents abris pour les auxiliaires animaux.

Accessoirement, nous adorons les mures produites par les ronciers.

 

En conclusion, nous allons nous compromettre en pratiquant l'autosatisfaction.

Nous détestons le gazon.

Et nous adorons notre prairie.

Qu'elle soit bordélique.

 

IMG_6239.JPG

 

IMGP4780.JPG

 

Ou un peu mieux entretenue.

 

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Les prairies ne sont pas, à proprement parler, des espaces naturels.

Elles résultent, le plus souvent, de la déforestation.

Si certaines prairies sont sauvages, la plupart sont "semi-naturelles".

Mais toutes les prairies sont utiles.

Elles protègent les sols, la biodiversité, les ressources en eau, et représentent des puits de carbone non négligeables.

Une prairie peut comporter plusieurs centaines d'espèces de plantes et de champignons par hectare.

Hélas, les prairies régressent.

Elles constituent même le milieu naturel qui régresse le plus vite en France métropolitaine.

Donc, oubliez le gazon.

Planter de la prairie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



14/04/2017
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