LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Une mare, et un tout petit peu plus loin

Au fil des semaines, notre mare nous permit de rencontrer d'autres espèces.

Hélas, certaines ne se présentèrent qu'une seule fois.

Ce qui nous limita dans le nombre des prises de vue.

Ainsi, vinrent vers nous, pour une brève apparition,

Orthetrum cancellatum:

 

LIBELLULIDAE Orthetrum cancellatum 1 (orthetrum réticulé femelle).JPG

 

Sympetrum sanguineum:

 

LIBELLULIDAE Sympetrum sanguineum 2 (sympetrum rouge sang femelle).JPG

 

Orthetrum brunneum:

 

LIBELLULIDAE Orthetrum brunneum 1 (orthetrum brun femelle).JPG

 

Et enfin, Calopteryx splendens:

 

CALOPTERYGIDAE Calopteryx splendens 2 (calopteryx éclatant).JPG

 

Découvrir une nouvelle espèce dans l’œil de son objectif procure toujours un sentiment d'excitation.

Hélas, ce sentiment nous fait parfois précipiter un peu nos prises de vue, et ainsi les rater.

Lorsque l'espèce ne se représente pas, cela suscite de la frustration.

Ce fut le cas pour Calopteryx spendens, magnifique agrion, pour lequel nous n'avons réussi aucun cliché de bonne qualité.

Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il se représente l'année prochaine.

 

Pour Orthetrum brunneum, qui, lui aussi, ne se fendit que d'une seule visite,

ce fut un peu mieux réussi.

Mais, avec le recul, ces photos nous donnent à réfléchir quant au problème de la profondeur de champ.

Orthetrum brunneum:

 

LIBELLULIDAE Orthetrum brunneum 2 (orthetrum brun femelle).JPG

 

A noter: la règle en matière de classification des êtres vivants veut que le genre soit inscrit avec une majuscule et l'espèce avec une minuscule.

Donc: "Calopteryx splendens".

Ou, si l'on veut, "caloptéryx éclatant" si l'on choisit le nom vernaculaire.

Mais jamais "calopteryx splendens".

 

Il faut relever aussi que les libellules se répartissent en deux grands groupes: les demoiselles et les libellules proprement dites.

En gros, les premières disposent d'un abdomen gracile, les secondes sont plus imposantes.

Les noms scientifiques sont Zygoptera pour les premières et Anisoptera pour les secondes.

"Zygo" signifie double et le suffixe "ptera" les ailes: deux paires d'ailes identiques.

"Aniso" signifie inégal: deux paires d'ailes non identiques.

Zygoptera et Anisoptera définissent les deux sous-ordres de l'ordre des odonates (Odonata).

Odonata vient du mot "odontos" qui signifie dent.

Les odonates ont de grosses mâchoires "dentées".

Tragicomique?

 

timeo.jpg

(droits réservés)

 

Bref, Ischnura elegans est une demoiselle:

 

COENAGRIONIDAE Ischnura elegans 3 (agrion élégant).JPG

Et Sympetrum fonscolombii est une libellule:

 

LIBELLULIDAE Sympetrum fonscolombii 8 (sympetrum à nervures rouges mâle).JPG

 

A force de tourner autour de notre mare, nous avions fini par oublier le reste du jardin.

Curieusement, ce fut autour d'un ancien bassin, situé à une centaine de mètres de là, que nous avons pu observer, et uniquement en cet endroit, des lestes verts.

Nous les avons vus plusieurs fois, isolés ou en cours d'accouplement.

Chalcocestes viridis:

 

LESTIDAE Chalcolestes viridis 4 (leste vert).JPG

 

Chalcocestes viridis, in copula:

 

LESTIDAE Chalcolestes viridis 7 (leste vert couple).JPG

 

La deuxième image permet aux profanes que nous sommes de comprendre l'usage des cercoïdes, petits appendices situés au bout de l'abdomen des mâles libellules.

Ils servent à "choper" la femelle afin de copuler.

La forme des cercoïdes du mâle correspond à l'anatomie de la femelle.

Ainsi, un Anax éprouverait-il bien des difficultés s'il souhaitait s'envoyer en l'air avec une femelle Orthetrum par exemple.

 

Une autre espèce fut rencontrée à proximité, tout aussi curieusement.

Car, non seulement notre petit bassin semblait abriter des lestes verts, complètement absents de notre mare, mais une deuxième espèce proche de la précédente, le leste méridional.

Lestes virens:

 

LESTIDAE Lestes virens virens.JPG

 

Évidemment, nous aurions été incapables de les différencier quelques semaines plus tôt.

Mais, avec notre maigre expérience, nous pouvions constater que la tache située au niveau des ailes, qui se nomme le ptérostigma, est jaune clair dans un cas, et brun foncé dans l'autre.

 

Ptérostigma signifie "marque dans les ailes", de "stigma": "cicatrice, marque", et de "ptero": "aile".

Quant à cercoïdes, cela vient de "cerco": "queue".

 

cedupeuojus.jpg

(droits réservés)

 

Enfin, à proximité de notre jardin, dans la campagne environnante, deux autres espèces nous furent proposées par les circonstances.

Anax imperator, en plein repas (et oui, les libellules sont de grandes chasseresses avant tout):

 

AESHNIDAE Anax imperator 2 (anax empereur).JPG

 

Et Sympetrum meridionale, qui fut l'objet d'une double frustration.

Celle des clichés ratés pour une espèce rencontrée une seule fois, et celle de n'avoir rencontré dans l'espèce donnée qu'une vieille dame, abimée par les heures de vol.

Ce qui nous fit penser que les nôtres commencent à peser:

 

LIBELLULIDAE Sympetrum meridionale 2 (sympetrum méridional).JPG

 

Et que nous étions devenus incapables de nous livrer aux acrobaties pratiquées par les libellules.

 

LIBELLULIDAE Sympetrum fonscolombii 7 (sympetrum à nervures rouges mâle).JPG

 

A l'exception toutefois de certaines.

 

LESTIDAE Chalcolestes viridis 6 (leste vert couple).JPG

 

Lorsque l'automne arrive, les libellules sont plus rares.

Chalcocestes viridis offre encore l'opportunité de photos curieuses:

 

LESTIDAE Chalcolestes viridis 1 (leste vert).JPG

 

Sympecma fusca, discrète, persiste jusqu'aux premiers jours de l'hiver.

On l'appelle d'ailleurs la brunette hivernale:

 

LESTIDAE Sympecma fusca 1 (brunette hivernale).JPG

 

Une dernière rencontre, avec une vieille dame fatiguée, mais toujours altière, et aux yeux très bleus.

Orthetrum coerulescens:

 

LIBELLULIDAE Orthetrum coerulescens 2 (orthetrum bleuissant femelle).JPG

 

Donc, un total de 17 espèces différentes en quelques mois sur un espace d'environ deux hectares.

Nous ne savons pas si cela représente beaucoup, ni si cela est banal.

Nous ne savons pas non plus combien d'espèces ont pu nous échapper car, évidemment, nous ne trainons pas tous les jours dans le jardin avec nos appareils photos.

Mais nous n'en espérions pas autant en créant notre mare, car cela ne représente pas loin de 20% de toutes les espèces présentes en France.

Nous ne pensions pas non plus découvrir autant de beauté.



25/10/2016
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