LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Un entomologiste en hiver

A la fin de l'automne, en général les premières gelées arrivent.

 

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Les végétaux s'endorment.

Les rosiers sont déplumés, mais ils proposent leurs fruits, appelés les cynorrhodons.

On peut en faire des confitures ou des gelées.

Mais nous les laissons car ils servent de nourriture à l'avifaune.

 

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Le jardin semble inerte.

Pourtant, il vibre encore tout au long de novembre.

Quelques nuées de moucherons à contre-jour, si difficiles à photographier posés:

 

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Jusque vers la fin du mois de novembre, en effet, quelques insectes familiers se promènent toujours.

Une abeille charpentière.

Xylocopa violacea (3):

 

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Un bourdon des champs.

Bombus pascuorum (2):

 

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Une mouche des étables.

Stomoxys calcitrans (3):

 

MUSCIDAE Stomoxys calcitrans.JPG

 

Les dernières abeilles, profitant des floraisons tardives des sauges.

Apis mellifera (3):

 

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Un cuivré commun.

Lycaena phlaeas (3):

 

LYCAENIDAE Lycaena phlaeas 6 (cuivré commun).JPG

 

Une mouche de la pluie.

Anthomyia pluvialis (3):

 

ANTHOMYIDAE Anthomyia pluvialis 3.JPG
 

D'autres espèces, moins communes, toujours en novembre.

Eristalis interrupta (2) (éristale interrompu):

 

SYRPHIDAE Eristalis interrupta 4.JPG 

 

Platycheirus sp. (3):

 

SYRPHIDAE platycheirus sp. 2.JPG 

 

D'autres encore, assez rares.

Phlogotettix cyclops (3):

 

HOMOPTERA CICADELLIDAE Phlogotettix cyclops 2.JPG

 

Setisquamalonchaea sp.:

 

LONCHAEIDAE Setisquamalonchaea sp. 2.JPG 

 

Liriomyza brassicae (3):

 

AGROMYZIDAE Liriomyza brassicae 1.JPG

 

Eilema complana (3) (manteau à tête jaune):

 

EREBIDAE Eilema complana (manteau à tête jaune).JPG

 

Il est donc prudent de ne pas remiser ses appareils photos avant décembre.

Enfin, à l'approche de l'hiver, il n'y a plus d'insectes dans les jardins.

Il n'y en a plus, du moins, de visibles.

Lorsque arrive la saison froide, il existe trois solutions pour les insectes:

-Hiberner

-Migrer

-Se reproduire avant de mourir.

L'hiver est donc la saison des oeufs, des larves, des insectes cachés et des insectes absents.

Pas tout-à-fait cependant.

Exceptionnellement, on peut rencontrer quelques insectes ou arachnides adultes.

Un crache-sang le 2 décembre, qui a perdu quelques articles antennaires.

Peut-être a-t-il livré un combat épique?

Timarcha tenebricosa (3):

 

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Un papillon de nuit.

Conistra vaccinii (3) (orrhodie de l'airelle) le 3 décembre:

 

 

Une thomise.

Synema globosum (3) (thomise Napoléon) le 11 janvier:

 

 

Un autre papillon de nuit, hivernal comme son nom l'indique.

Erannis defolaria (3) (hibernie défeuillante) le 23 janvier:

 

 

Une guêpe égarée dans la maison et un peu sonnée.

Ancistrocerus nigricornis (2) le 5 février:

 

 

Et c'est tout!

Que peuvent donc faire des entomologistes en hiver?

En général, ils passent leur temps à zoner dans leurs fichiers de clichés "indéterminés".

Notre ordinateur est rempli de fichiers intitulés "espèces indéterminées".

Soit que les espèces concernées sont particulièrement difficiles.

Soit que les photos sont particulièrement inadaptées.

Soit que les entomologistes dont il est question sont particulièrement nuls.

Dans notre cas, il y a un peu des trois.

 

Les diptères sont sans doute les insectes les plus difficiles à identifier.

L'ordre des diptères est l'un de ceux qui présentent le plus grand nombre d'espèces.

Et certaines de ses familles sont un casse-tête chinois pour l'amateur.

Le vrai problème, c'est lorsque l'amateur souffre de troubles obsessionnels compulsifs.

Et qu'il ne parvient pas à se résoudre à laisser une case blanche.

 

(droits réservés)

 

Parmi nos fichiers "indéterminés", végètent longtemps de nombreux diptères.

Comme il nous faut trouver une solution à un moment ou à un autre, nous usons parfois de notre mauvaise foi.

(Cf. l'article intitulé "La mauvaise foi").

Ainsi cette mouche, probablement une Anthomyia, finit "étiquetée" Anthomyia liturata (1):

 

 

Mais cela n'est que probable.

De même, pour cette autre mouche, nous avons conclus Helina evecta (1):


MUSCIDAE Helina evecta 2.JPG
 

Dans ce cas aussi, le doute règne.

 

Dans le cas qui suit, la photo n'est pas terrible.

La nervation alaire se devine à peine.

Il n'y a aucune caractéristique évidente.

L'obsessionnel compulsif est à la limite de la rupture:

 

(droits réservés)

 

Mais il ne parvient pas à lâcher prise.

Alors, il tente un nom.

Dasyphora albofasciata (1):

 

 

En espérant que jamais un entomologiste confirmé ne vienne se promener sur son blog.

 

Parfois, l'espèce reste quelques semaines "non identifiée" simplement parce que l'entomologiste est nul.

Dans le cas qui suit, l'espèce est très commune.

N'importe quel amateur éclairé l'aurait déterminée du premier coup d'oeil.

Pollenia rudis (2) (mouche des greniers):

 

 

C'est certain, nous la reconnaitrons dorénavant.

Parfois, il fallut carrément abandonner.

 

(droits réservés)

 

Ainsi les espèces suivantes finirent dans la poubelle sans jamais être déterminées.

 

 

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Parmi les diptères, il n'y a pas que les mouches.

Il y a aussi les moustiques.

Sur les trois clichés suivant, nous aurions pu galérer des heures faute de compétence.

Tanytarsini sp. (3):

 

 

Trichocera sp. (3):

 

 

Mycomya sp. (3):

 

 

Dans ces cas, nous avons été sauvés du naufrage par l'excellent site "Quel est cet animal?".

Mais nous ne trouverons jamais l'espèce.

 

A côté des diptères, nous nous sommes aussi cassé les dents sur ce lépidoptère.

Coenocalpe millierata (3):

 

 

Merci au site "Papillons de France métropolitaine et des Antilles françaises" de nous avoir sortis de l'ornière.

 

Enfin, en ce qui concerne les arachnides, c'est l'incontournable site "Le monde des insectes" qui nous a permis de nous extraire de plusieurs impasses successives.

Alopecosa albofasciata (3):

 

 

Olios argelasius (3):

 

 

Mais, dans certains cas, comme pour les nématocères, il n'y eut pas moyen d'aller plus loin que le genre.

Il faut savoir que, en ce qui concerne les lycoses, l'espèce, dans bon nombre de cas, ne peut être confirmée que par l'examen des genitalia.

Cela nécessite de capturer l'individu et de l'examiner au microscope.

Ce qui n'est pas du niveau de l'entomologiste amateur.

En attendant de devenir entomologistes éclairés, ce qui n'arrivera probablement jamais, nous devons souvent nous retrancher vers "sp."

Nous rappelons que l'abréviation "sp.", qui signifie "species" en latin, c'est-à-dire "espèce", lorsqu'elle suit le nom du genre, signale le fait que l'espèce reste indéterminée.

Et qu'elle le restera, en ce qui nous concerne, vraisemblablement pour toujours.

Pardosa sp. (3):

 

 

Heureusement, dans certains cas, les lycoses disposent de caractéristiques suffisantes pour qu'elles soient déterminées sans microscope.

Hogna radiata (3) (lycose tarentuline):

 

 

Pardosa nigriceps (2):

 

 

Dans certains cas, la subjectivité nous égare.

Nous ne disposions longtemps dans nos fichiers que d'une seule espèce d'hybotidae.

Hybos culiciformis (3):

 

 

Cet autre hybotidae nous semblait différent, et nous avons fini par conclure Hybos femoratus:

 

 

Simplement parce que nous ne disposions d'aucun cliché d'Hybos femoratus.

Mais en fait, cette identification est fort peu probable.

Vraisemblablement s'agit-il aussi d'Hybos culiciformis.

Seule l'envie d'identifier une nouvelle espèce nous a poussé.

Il ne faut jamais céder à ce type de pulsion.

 

Dans d'autres cas l'identification relève de l'impossible.

Ce tout petit diptère pouvait correspondre, au premier coup d'oeil, à un spécimen de la famille des Piophilidae.

Voire à celle des Agromyzidae.

En fait, nous avons penché vers les Carnidae, très petites mouches noires, qui se nourrissent de charogne.

Or, le spécimen en question est précisément en train de boulotter sur un os abandonné par les chiens.

Peut-être Meoneura, ou Hemeromyia?

Meoneura sp. (Hemeromyia sp.) (2):

 

 

Deux problèmes ici.

La photo n'étant pas terrible, l'on ne voit pas la nervation alaire.

Les Carnidae, probablement parce qu'il s'agit d'insectes très petits, n'ont pas particulièrement attiré l'attention des entomologistes professionnels.

Et il existe très peu de travaux qui leur sont consacrés, tous en anglais hélas.

 

Au total, nous essayons de prendre les choses au sérieux, mais à la mesure de nos moyens.

Nous espérons aussi progresser, de façon à ne pas voir grossir à l'infini nos fichiers "indéterminés".

Dans tous les cas, à l'approche d'un nouveau printemps, nous abandonnerons à leur triste sort les spécimens qui le sont restés.

En espérant les rencontrer de nouveau.

Et proposer de meilleurs clichés.

Dans le blog, nous proposons un code chiffré pour les identifications:

0= peu probable

1= probable

2= très probable

3= certaine

Les improbables partent à la poubelle après une quarantaine que nous fixons à quarante jours.

Sinon cela ne s'appellerait pas une quarantaine.

Ainsi nous éviterons la surchauffe:

 

(droits réservés)

 

Qui est le précurseur du nervous breakdown.

 

(droits réservés)

 

Il faut bien s'en sortir comme on peut...

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



07/01/2017
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