LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Quatrième précepte: valoriser nos déchets organiques

Dans notre jardin, nous n'utilisons aucun intrant chimique.

Mais nous n'utilisons aucun intrant "naturel" extérieur non plus.

L'une des bases de la permaculture consiste en l'utilisation de ce qui est immédiatement à notre portée.

La permaculture prône une forme d'autosuffisance.

Suivant notre quatrième précepte, nous recyclons nos propres déchets.

 

Nous disposons des résidus végétaux de notre jardin (herbe coupée, feuilles séchées, par exemple):

 

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De fait, nous ne brûlons plus nos feuilles mortes.

Nous disposons aussi des résidus végétaux de notre alimentation.

Poubelle à compost:

 

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La troisième source de matières organiques à notre disposition est représentée, évidemment, par nos propres déjections.

Nous avons installé des toilettes sèches:

 

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Qui nécessitent des copeaux de bois (en fait, un des rares intrants venant de l'extérieur):

 

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Moyennant quoi, contrairement aux idées reçues (encore et toujours), cela ne sent jamais mauvais.

Le carbone des copeaux de bois compense l'azote des fèces et supprime l'odeur.

Évidemment, il faut vider le seau régulièrement.

Ce qui oblige à en posséder deux:

 

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Cela peut paraitre contraignant, mais cela évite d'acheter et de trimballer des sacs d'engrais et de compost à longueur d'année.

Par ailleurs, cela économise l'eau et diminue la pollution des eaux usées non souillées par les matières fécales.

Bref, cela constitue ce que l'on appelle un "cercle vertueux".

En plus de ces trois sources, nous avons la chance de bénéficier de la compagnie de ceux-ci:

 

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Qui produisent cela:

 

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Tout le monde ne dispose pas d'un cheval ou d'un âne.

Mais quelques copains viennent de temps en temps se procurer du fumier chez nous, car nous n'en manquons pas:

 

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Nous pourrions envisager une mutualisation du crottin.

Par exemple acheter et nourrir un ou deux ânes à plusieurs, car nous avons l'espace pour accueillir d'autres équidés:

 

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Un âne adulte coûte à l'achat 400 euros maximum, et en nourriture moins de 100 euros par mois.

 

Il est essentiel d'utiliser son propre compost, plutôt que d'en acheter.

Pas uniquement pour des raisons d'économie, mais d'autonomie.

Il faut rendre à la terre ce qu'elle nous donne, et ainsi de suite.

Pour ce faire il suffit de disposer de réservoirs à compost.

 

Nous pourrions jeter immédiatement le contenu de nos toilettes sèches dans nos plate-bandes.

Cela ne serait pas très agréable tant sur le plan olfactif que visuel.

Mais surtout cela ne fonctionnerait pas à cause des copeaux de bois.

Les micro-organismes qui décomposent la lignine ont besoin d'azote.

Ils vont donc utiliser l'azote des fèces.

Mais celui-ci étant insuffisant, il vont aussi utiliser l'azote du sol au détriment de la plante qui devient chétive.

On appelle cela une "faim d'azote".

Tout apport de matière organique fraiche peut aboutir à une faim d'azote.

Ce d'autant que le ratio carbone/azote est élevé (ce qui est le cas pour le contenu des toilettes sèches, de même que la paille).

 

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(droits réservés)

 

Pour éviter la faim d'azote, il faut utiliser du compost "mûr", disposant d'un ratio carbone/azote peu élevé.

Le compost, lorsqu'il se se décompose en tas, augmente en température sous l'effet des bactéries.

Les micro-organismes mésophiles sont remplacés par des thermophiles.

Puis la température diminue.

Les bactéries, ainsi que les graines qu'il contient, meurent.

Au terme de la maturation ne reste que l'humus.

Cela est aussi vrai pour le fumier.

Le compost, ainsi constitué, amène de l'azote, donc de la nourriture, mais ni mauvaises herbes, ni maladies.

Il faut donc disposer de deux bacs.

Un pour le compost récent:

 

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Un pour le compost que l'on va pouvoir utiliser (deux ans minimum de "repos"):

 

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Les deux bacs fonctionnent en alternance.

NB: cela ne sent rien non plus, et ne nécessite donc pas de disposer d'un espace gigantesque.

Ce d'autant que, plus le jardin est petit, moins le besoin de compost est grand.

 

Les uns de nos principaux alliés dans le processus sont les vers de terre (lombrics du compost).

 

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Les lombrics ingèrent en surface les débris végétaux.

Leur tube digestif les mélange à la terre fine qu'ils prélèvent en forant leurs galeries.

Celles-ci permettent à la terre de rester "grumeleuse", "aérée", donc propice au développement des espèces végétales.

Leur déjections (turricules) sont déposées en surface.

Elles constituent le "complexe argilo-humique", mélange intime d'argile et d'humus, nutriment nécessaire à la vie végétale.

Turricules:

 

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Pour le jardinage, l'utilisation du motoculteur est une aberration (cf. article "cinquième et dernier précepte: en faire le minimum").

En agriculture, les labours profonds sont désastreux pour la biodiversité et dramatiquement inefficaces.

Ils massacrent les vers de terre, compactent la terre, et contraignent à l'utilisation d'intrants chimiques.

 

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(droits réservés)

 

Les labours superficiels sont infiniment plus respectueux des écosystèmes et bien plus efficaces.

Accessoirement, ils renvoient les machines agricoles énormes au musée des horreurs.

Ils favorisent la réhabilitation des chevaux lourds, merveilleusement adaptés à ces travaux.

Et grands producteurs de fumier.

 

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(droits réservés)

 

Pour plus de détails, vous pouvez regarder l'excellent film-documentaire de Colline Serreau qui traite de ces sujets.

 

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(droits réservés)

 

Le processus de décomposition étant terminé, les éléments nutritifs sont immédiatement disponibles pour le sol et les plantes.

Ceci est vrai que pour les plantes dites à "cycle court".

En forêt, la décomposition des matières demande autant d'azote.

Mais les arbres adultes ne connaissent pas la "faim d'azote" car ce sont des plantes pérennes, au cycle de vie long.

 

Moyennant tout ceci, nous n'utilisons jamais de compost autre que le nôtre.

Nous réservons plutôt le fumier au potager:

 

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Et le compost aux fleurs:

 

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Juste histoire de dire que l'on ne met pas d'excréments humains dans les légumes que l'on produit.

Mais, objectivement, cela ne changerait rien.

 

Tout ce joyeux bordel crée des terrains de jeux pour les insectes.

Amara aulica:

 

CARABIDAE Amara aulica 1.JPG

 

Ocypus olens:

 

STAPHYLINIDAE Ocypus olens 1.JPG

 

Et pour les chilopodes.

Pleurogeophilus mediterraneus:

 

GEOPHILOMORPHA GEOPHILIDAE Pleurogeophilus mediterraneus 2.JPG

 

A propos d'excréments, nous avons déjà signalé dans un article concernant les diptères qu'une mouche à merde, ce n'est pas ceci:

 

CALLIPHORIDAE Lucilia sp. 2 (mouche verte).JPG

 

Qui est, en fait, une mouche verte.

Mais plutôt cela:

 

SCATHOPHAGIDAE Scathophaga stercoraria 2 (mouche à merde).JPG

 

Scathophaga stercoraria (la vraie mouche à merde), contrairement à d'autres mouches et insectes, ne se contente pas d'être coprophage.

Elle pond de plus ses oeufs dans les excréments animaux.

Tous les insectes coprophages sont utiles.

Ils utilisent aussi la matière organique des excréments, donc participent de leur décomposition.

 

Si vous n'avez pas la capacité de produire suffisamment de compost, les municipalités ont désormais l'obligation d'envoyer en station de compostage tous les déchets verts.

Moyennant quoi, il n'est pas rare de pouvoir se procurer du compost auprès de votre déchetterie, pour pas cher, voire pour rien.

 

Il faut savoir que le compost sera déposé à l'automne, puis recouvert d'un mulch: couverture de feuilles mortes, d'herbe séchée, de vieux foin, etc.

Si l'on utilise de la paille, qui peut favoriser la faim d'azote (cf. plus haut), il est essentiel d'amener des quantités d'azote suffisantes.

Il est inutile d'incorporer le compost à la terre de la plate-bande.

Ni labour, ni même griffage.

Les vers de terre (encore eux) se chargeront du travail.

 

Une butte:

 

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La même, un mois et demi plus tard:

 

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Pour en conclure avec le compost: le principe de base est de ne pas l'incorporer à la terre.

Cela évite la levée de mauvaises herbes.

Il faut simplement le déposer et le couvrir d'un mulch afin de préserver l'humidité et d'éviter le battage de la pluie.

Cela suffit à amender les sols avec un minimum de travail.

La permaculture est aussi une manière de jardiner parfaitement adaptée aux paresseux (cf. article suivant "cinquième précepte: en faire le moins possible").

 

 

 

 

 



23/11/2016
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