LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

LE JARDIN DE CHOUI ET LEIA

Deuxième précepte: des arbres

Le deuxième pilier de notre approche permaculturelle est constitué par les arbres.

Vous avez sans doute compris que le choix de ces cinq préceptes est personnel et strictement arbitraire.

Nous aurions pu en choisir d'autres, mais ceux-ci nous sont apparus assez signifiants de la démarche.

Lorsque nous aurons épuisés ces cinq premiers angles d'attaque, il faudra quand même écrire d'autres articles.

Car la permaculture ne se réduit pas à cela.

Nous devrons en choisir d'autres.

Peut-être passerons-nous alors des cinq piliers au décalogue.

La permaculture est œcuménique.

 

Un jour, nous avons donc déménagé.

Pour des raisons professionnelles.

Plutôt que de chercher une maison, nous avons cherché un jardin.

Nous habitons bien sûr dans une maison, mais c'est le jardin qui nous l'a fait choisir.

 

Au premier coup d’œil, nous avons senti les potentialités:

 

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Au deuxième coup d’œil, nous avons compris que ce ne serait pas facile:

 

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Parfois même difficile:

 

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Mais l'ampleur de la tâche, malgré quelques instants de découragement, ne nous a pas rebuté.

 

Ce jardin existait depuis une trentaine d'années lorsque nous sommes arrivés.

Il était déjà arboré, planté de dizaines d'arbres en pleine maturité.

En fait, il y en avait trop.

Lorsque l'on plante un arbre, on imagine mal ce qu'il deviendra ne serait-ce que dix ans plus tard.

Or, n'importe quel arbre mérite qu'on lui laisse suffisamment de place. 

 

Nous en avons gardé certains, bien que mal choisis, et plantés trop près les uns des autres (cf. l'article "premier précepte: la diversité").

Nous en avons coupé d'autres, qui étaient malades.

Et d'autres encore, dont les essences étaient inadaptées à la région.

Il est habituel, par exemple, de planter sa sapinette de Noël dans son jardin.

Ainsi l'on fait d'une pierre deux coups.

C'est parfait lorsque l'on habite dans les Vosges.

Mais complétement absurde en Provence (air trop sec, manque d'eau...).

 

Il reste, bien sûr, encore beaucoup d'arbres dans le jardin, qui se portent mieux d'avoir plus d'espace.

Ici, un tilleul:

 

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Là, un marronnier:

 

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Ici, l'on devine un ginkgo, à droite au premier plan.

Au second un magnolia et un noisetier, qui ne se concurrencent pas l'un l'autre.

Entre les deux, il y avait un second marronnier, malade, que nous avons coupé, dont la présence gênait le développement de chacun.

Au troisième plan un néflier, qui a encore suffisamment de place, et au fond le tilleul:

 

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Encore le ginkgo, à l'automne, en train de perdre ses feuilles:

 

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Les feuilles mortes sont très utiles.

Il ne faut surtout pas les brûler (cf. l'article "quatrième précepte: utiliser les matières organiques").

 

Le fait de multiplier les espèces d'arbres est essentiel.

Les enracinements sont variés.

Chaque arbre se nourrit différemment.

Chaque arbre produit un humus différent. Etc.

Nous allons nous répéter encore une fois: il n'y a pas de monoculture dans la forêt primaire.

 

L'espace est important pour les arbres.

Ce noyer était embarrassé par un olivier de Bohème au bout du rouleau.

Il cohabite par contre facilement avec le cèdre.

 

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Lorsque l'on plante un arbre, il faut tâcher d'imaginer ce qu'il va devenir.

Un exemple type de ce qu'il ne faut pas faire: l’érable au premier plan était étouffé par un épicéa, qui n’avait rien à foutre en Provence.

Une fois l'épicéa coupé, Il a fini par se développer, alors que laisser les deux en place les auraient condamnés à moyen terme.

Mais l'érable a logiquement réussi à avoir la peau du pauvre eucalyptus coincé derrière lui (manque d'espace, manque de soleil, manque de nutriments...).

Il ne nous reste plus maintenant qu'à le couper à son tour:

 

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Les avantages d'avoir des arbres dans un jardin sont multiples.

Leur énorme système racinaire augmente la porosité du sol.

De fait l'eau pénètre plus facilement.

L'arbre accède ainsi sans difficulté à l'eau.

Par ailleurs, grâce aux arbres, l'eau ne ruisselle plus et permet le développement de la vie de la micro-faune du sol, qui produit l'humus.

Les racines des arbres exsudent des substances organiques qui nourrissent les microbes du sol.

Les microbes transforment la matière minérale en matière organique, ils rendent solubles les éléments nutritifs de la terre, que les arbres peuvent alors absorber.

Cette matière organique enrichit le sol, et profite à tous les végétaux du jardin.

 

Depuis, nous avons planté d'autres arbres, d'essences différentes.

Par exemple ce platane, mais assez loin de la maison pour nous éviter le ramassage des feuilles à l'hiver:

 

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Ou encore ce saule, à proximité des zones inondables, afin qu'il profite de la nappe phréatique, assez superficielle:

 

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Les oiseaux aiment les arbres.

Corvus corone:

 

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Les insectes aussi.

Anthomyia pluvialis:

 

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Medetera sp.:

 

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A noter que les arbres, une fois plantés, ne devront être arrosés que les deux premières années.

Au delà, leurs immenses systèmes racinaires (la partie cachée d'un arbre est au moins aussi importante que la partie visible) suffisent à leur survie.

 

Si vous constater la présence de lichen sur vos arbres, ne vous inquiétez pas, au contraire.

Celui-ci vit en symbiose avec l'arbre.

Par ailleurs, il vous signale la bonne qualité de l'air.

Par ici, nous la devons au Mistral.

 

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Nous avions envisagé sérieusement de couper l'Eucalyptus.

Finalement, nous l'avons, pour l'instant, laissé en place.

Les arbres morts ont, en effet, un grand intérêt dans les écosystèmes.

Mousses, lichens, coléoptères, champignons... sont tributaires du bois mort.

 

On constate les stigmates de la vie sur le tronc de l'eucalyptus mort:

 

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Si vous disposez d'un jardin assez grand pour cela, abandonnez quelques troncs d'arbres morts, de ci de là:

 

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De même, nous utilisons les branches mortes pour les enclosures.

Le bois pourrissant est un havre pour de nombreuses espèces.

Il finit par se désagréger et rends de l'humus à la terre:

 

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Les forêts trop bien entretenues, de même que les jardins, sont des forêts qui se portent moins bien:

 

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En conclusion, il faut planter des arbres.

Un jardin sans arbres n'a pas de sens.

Et ne sera jamais équilibré.

Bien sûr, planter des arbres représente un legs aux générations futures, car nous ne verrons pas nos arbres atteindre leur pleine maturité.

Un arbre âgé de trente ans est encore un très jeune arbre.

Mais, justement parce que cela est un legs pour nos enfants, planter un arbre est un acte d'espoir, un défi à la déforestation, et signale notre refus d'abdiquer.



23/11/2016
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